À deux jours de la parade militaire organisée à Moscou pour commémorer la victoire de 1945, la Russie vit au rythme des frappes de drones ukrainiens. Des explosions ont secoué la région de Moscou, la Crimée et d’autres territoires jusqu’ici considérés comme sûrs par le Kremlin. Cette intensification des frappes survient alors que les autorités russes concentrent l’essentiel de leurs défenses antiaériennes dans la capitale, au mépris de la protection des autres régions stratégiques.
Un 9 mai sous la crainte d’une attaque ukrainienne ciblée
Cette parade du 9 mai est devenue un rituel de propagande, où les « vétérans » mis en scène seraient en réalité d’anciens agents du KGB ou des participants à des opérations soviétiques d’après-guerre.
La peur de la frappe symbolique hante le pouvoir russe. Les rumeurs d’une attaque ukrainienne sur la place Rouge le jour du défilé alimentent une tension palpable. Les services américains n’encouragent pas une telle initiative, bien qu’ils reconnaissent que « de nombreux objectifs légitimes » seront rassemblés à cet endroit ce jour-là. L’Ukraine, de son côté, préfère des frappes ciblées sur des zones négligées par la défense russe, infligeant ainsi des pertes bien plus sensibles qu’un simple geste symbolique.
Une vulnérabilité persistante en Crimée
En Crimée, péninsule chérie de Vladimir Poutine, chaque nouvelle batterie de défense antiaérienne est rapidement détruite par les drones FPV ukrainiens, parfois lancés depuis des plateformes navales. Sur le territoire russe, la paralysie s’installe : vols suspendus, internet coupé à Moscou, distributeurs automatiques hors service, fouilles systématiques et domiciles scellés à l’approche de la parade.
La guerre passe aussi par l’image
Cette opération de façade se heurte à une double pénurie : celle des armes (largement détruites en Ukraine ou mobilisées sur le front) et celle des hommes.
Pour masquer cette réalité, des soldats venus de Chine ou d’États satellites de la Russie seront déployés place Rouge. Le pouvoir cherche l’image plus que l’efficacité, quitte à dévoiler sa propre vulnérabilité. La guerre de l’image est donc aussi décisive que celle des tranchées.








