4 cerveaux, un seul but : décoder l’écriture que personne n’avait jamais comprise

En 1856, une lettre a déclenché une quête historique audacieuse.

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La course pour déchiffrer le cunéiforme : une découverte historique
4 cerveaux, un seul but : décoder l’écriture que personne n’avait jamais comprise | Armees.com

En 1856, une lettre envoyée à Edwin Norris (secrétaire de la Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland) a chamboulé notre vision des civilisations anciennes. Ce courrier a déclenché une véritable aventure intellectuelle menée par trois hommes déterminés à lever le voile sur les débuts de la civilisation : Austen Henry Layard, Henry Creswicke Rawlinson et Edward Hincks. Leur travail sur le déchiffrage du cunéiforme a permis de réécrire l’histoire et d’éclairer la vie des grandes civilisations d’Assyrie et de Babylone.

Les pionniers du déchiffrage

Austen Henry Layard s’est imposé comme un archéologue réputé après avoir quitté son poste dans l’Empire Ottoman à seulement 22 ans. Fils d’un fonctionnaire colonial anglais, il a mis au jour de véritables trésors en Mésopotamie, comme des palais assyriens vieux de 2 500 ans et des tablettes en argile découvertes à Ninive. Ses trouvailles – des sculptures monumentales et des inscriptions qui en disent long – ont rapidement captivé le public européen.

De son côté, Henry Creswicke Rawlinson, officier de la Compagnie des Indes Orientales dès ses 23 ans, s’est fait remarquer par son habileté à décrypter l’écriture ancienne perse. Sa maîtrise des langues d’antan lui a permis de faire d’importants progrès dans le déchiffrage du cunéiforme, ce qui lui a valu beaucoup de reconnaissance.

Enfin, Edward Hincks, pasteur irlandais au tempérament à la fois brillant et un peu anxieux, a apporté sa pierre à l’édifice grâce à sa connaissance approfondie des hiéroglyphes égyptiens et de l’hébreu ancien. Il a d’ailleurs remarqué que l’akkadien avait des similitudes avec les langues sémitiques, ouvrant ainsi une nouvelle perspective sur ces textes anciens.

L’univers de l’archéologie et des langues

Avant les années 1840, peu d’Européens soupçonnaient l’ampleur de la richesse des civilisations assyrienne et babylonienne. Si les fouilles à Pompéi et à Herculanum avaient déjà lancé une nouvelle science, c’est bien Layard qui a mis au jour une multitude de tablettes en cunéiforme à Ninive. Ces tablettes renfermaient des récits détaillés qui éclairaient la vie d’autrefois.

L’écriture cunéiforme, plus ancienne encore que les hiéroglyphes égyptiens, servait à transcrire plusieurs langues à l’aide de signes à la fois phonétiques et de logogrammes complexes. Adoptée par divers empires – y compris l’Empire achéménide – sa complexité résidait dans son aspect abstrait et dans le fait qu’un même signe pouvait se lire de plusieurs façons.

La joute intellectuelle de 1857

En 1857, la Royal Asiatic Society organisa un concours pour déchiffrer un texte cunéiforme toute fraîchement découvert : le prisme de Tiglath-Pileser I. Quatre érudits furent conviés pour relever ce défi : Rawlinson, Hincks, Oppert et William Henry Fox Talbot. Ce dernier offrit une perspective nouvelle en traduisant de manière indépendante un ensemble de tablettes.

Les traductions présentées se révélaient étonnamment cohérentes entre elles, même si elles n’étaient pas encore définitives. Cela démontrait une très bonne compréhension des campagnes royales décrites par Tiglath-Pileser I – un résultat salué comme l’un des plus beaux exploits intellectuels du XIXe siècle.

La réussite du déchiffrage a ouvert la voie à la traduction du sumérien, langue encore plus ancienne. Grâce aux efforts combinés de Rawlinson et Hincks, le British Museum est devenu le dépositaire privilégié des objets mis au jour lors des fouilles.

Source : Icmglt

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