81 avions, hélicoptères et drones américains ont été perdus ou endommagés durant les sept mois de guerre contre l’Iran, selon un nouveau rapport du Congressional Research Service (CRS), organisme de recherche non partisan du Congrès américain, publié le lundi 5 octobre 2026. Le coût de ces dommages est estimé à 3,3 milliards de dollars.
Le document s’appuie sur des déclarations du Département de la Défense, de son inspecteur général, du U.S. Central Command (CENTCOM), qui dirige les opérations contre Téhéran, ainsi que sur des articles de presse. La guerre, baptisée Operation Epic Fury, a débuté le 28 février 2026 avec des frappes coordonnées américano-israéliennes.
Les drones Reaper, plus de la moitié des pertes
Le MQ-9 Reaper, utilisé pour le renseignement, la surveillance, l’appui aérien rapproché et les missions de recherche et de sauvetage en zone de combat, concentre à lui seul plus de la moitié du bilan : 45 appareils ont été abattus ou endommagés.
Trois drones multirôles MQ-1 ont également été détruits, un premier le dimanche 31 mai 2026, puis deux autres à la mi-septembre. Un MQ-4C Triton s’est quant à lui écrasé lors d’un accident de vol sans lien avec le combat, selon un document de l’US Navy.
Trois F-15E abattus par erreur au-dessus du Koweït
Douze F-15E Strike Eagle figurent dans le décompte. Trois ont été détruits par des tirs amis au-dessus du Koweït le lundi 2 mars 2026, selon CENTCOM, un quatrième a été abattu au-dessus du territoire iranien le dimanche 5 avril, et huit autres ont subi des dommages légers lors d’une frappe iranienne sur la base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie, avant d’être remis en service début septembre.
Un F-35A Lightning II a été endommagé par des tirs au sol iraniens le 19 mars, et deux A-10 Thunderbolt II ont été perdus ou lourdement endommagés.
La flotte de ravitailleurs KC-135 Stratotanker a payé un lourd tribut : sept appareils ont été touchés, dont un qui s’est écrasé en Irak le jeudi 12 mars 2026, tuant les six membres d’équipage, l’un des incidents les plus meurtriers de la guerre.
Cinq autres KC-135 ont été endommagés au sol deux jours plus tard lors d’une attaque iranienne sur la base aérienne du Prince Sultan, en Arabie saoudite, où un E-3 Sentry a lui aussi été touché directement par un projectile à la fin du mois de mars.
Deux avions de transport des forces spéciales MC-130J ont par ailleurs été détruits intentionnellement le 5 avril, lors d’une mission de recherche du F-15E abattu le même jour. Sept hélicoptères, parmi lesquels des AH-64 Apache et des AH-6 Little Bird, complètent le bilan.
Un coût de guerre évalué entre 33,4 et 45 milliards de dollars
Selon le Congressional Budget Office, le coût de remplacement des appareils perdus se situerait entre 1,9 et 3,3 milliards de dollars, selon les plans retenus par le Département de la Défense. Un précédent rapport de l’inspecteur général du Pentagone, publié en septembre 2026, évaluait le coût total du conflit à 33,4 milliards de dollars jusqu’à fin juin, dont 3,7 milliards de pertes d’équipement, tout en signalant des pénuries stratégiques de stocks et des goulots d’étranglement dans la base industrielle pour le réapprovisionnement en munitions.
Des sources ayant parlé à CNN évaluent désormais le coût global de la guerre à au moins 45 milliards de dollars, un montant qui n’inclut pas les dommages aux infrastructures des bases américaines dans la région.
Le Congrès appelé à évaluer les lacunes de capacité
Le rapport du CRS se referme sur une liste de questions soumises aux parlementaires. Il les invite à vérifier s’ils disposent d’informations et de temps suffisants pour mesurer les effets des pertes sur les opérations militaires, et à se prononcer sur le financement du remplacement des appareils.
Les rapports du Département de la Défense sur ces pertes ont jusqu’ici été jugés vagues, au point que le rapport de l’inspecteur général de septembre cite lui-même d’anciens rapports du CRS pour certains de ses chiffres.
Sur la suffisance des forces, le document s’inquiète particulièrement du sort de plateformes rares comme l’E-3 Sentry. Les auteurs écrivent que le Congrès peut évaluer si les pertes concernant certaines plateformes très demandées, vieillissantes et limitées en nombre, comme le E-3 Sentry, créent des lacunes de capacité ou augmentent les risques dans d’autres théâtres.
Le rapport soulève aussi la question de la capacité industrielle américaine à produire des remplacements dans les délais, alors que les ventes militaires à l’étranger pourraient entrer en concurrence avec les besoins du Pentagone.
Les Reaper, pilier sollicité jusqu’à la rupture
Les opérations au Moyen-Orient, guerre contre l’Iran et confrontations antérieures avec les rebelles houthis du Yémen comprises, ont particulièrement éprouvé cette flotte. 45 MQ-9 ont été perdus dans la région en 2026, un taux qualifié d’« alarmant » par un rapport de l’Atlantic Council publié en septembre.
Devant le Congrès, plus tôt dans l’année, le général Kenneth Wilsbach, chef d’état-major de l’US Air Force, avait qualifié le Reaper de « most valuable player » de l’armée dans ce conflit. L’Atlantic Council estime que l’Air Force a perdu environ 35 % de sa flotte de MQ-9 depuis 2004.








