Guerre commerciale avec la Chine : nos armées sont-elles prêtes ?

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Guerre commerciale avec la Chine : nos armées sont-elles prêtes ?
Guerre commerciale avec la Chine : nos armées sont-elles prêtes ? | Armees.com

L’Europe se prépare à une guerre commerciale ouverte avec Pékin, pendant que Xi Jinping purge ses généraux et modernise son armée à marche forcée. Derrière les batailles de droits de douane se profile une confrontation stratégique bien plus profonde. Et la France, dans tout cela, dispose-t-elle vraiment des moyens de sa politique ?

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Onze hauts responsables militaires chinois évincés entre l’automne 2025 et l’hiver 2026 — le signe que Xi Jinping restructure son armée en profondeur, pas qu’il la fragilise.

La guerre commerciale n’est que la surface visible de l’iceberg

L’Europe et la Chine se regardent en chiens de faïence. Paris et Berlin envisagent de fermer leurs frontières à certaines exportations chinoises jugées déloyales. Pékin agite en retour le spectre d’une escalade commerciale que personne, officiellement, ne souhaite. Maros Šefčovič va à Pékin pour « dialoguer ». Le ballet diplomatique est bien huilé.

Mais derrière les chiffres de la balance commerciale — la Chine représente encore le premier partenaire commercial de l’Union européenne avec plus de 800 milliards d’euros d’échanges annuels — se joue une partie autrement plus sérieuse. Xi Jinping ne purge pas onze généraux en quelques mois par hasard. Il nettoie ses écuries, élimine les corrompus et les loyautés douteuses, et prépare une armée obéissante, modernisée, opérationnelle. On n’assainit pas aussi brutalement un état-major pour rester assis.

Force est de constater que l’Europe, elle, contemple le phénomène avec la sérénité déconcertante de quelqu’un qui a oublié où il a rangé ses propres armes. La vraie question n’est pas de savoir si une guerre commerciale serait « une erreur » — elle l’est probablement pour tout le monde. La question est : que se passe-t-il le jour où le dialogue atteint ses limites, et où il faut autre chose que des communiqués ?

La France face à l’équation impossible du budget de défense

Je n’ai pas l’habitude de me satisfaire des effets d’annonce budgétaires. Et la Loi de Programmation Militaire 2024-2030 n’échappe pas à la règle. Sur le papier, la France doit atteindre 2 % du PIB consacrés à la défense. Dans les faits, chaque débat budgétaire à l’Assemblée nationale ressemble à un supplice chinois — précisément — où les crédits militaires servent de variable d’ajustement face à une dette publique qui dépasse désormais 3 300 milliards d’euros.

Or, la modernisation de nos capacités de projection, de notre marine, de notre dissuasion conventionnelle et de notre cyberdéfense ne peut pas attendre que Bercy ait résolu son équation. L’Allemagne, sous la pression de la guerre en Ukraine, a su débloquer en 24 heures un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour sa Bundeswehr. Nous, nous négocions ligne par ligne chaque programme d’armement, pendant que KNDS, Thales, Airbus Defence et les autres fleurons de notre base industrielle et technologique de défense ont besoin de visibilité pluriannuelle pour investir, recruter et innover.

Un industriel de défense ne peut pas planifier une chaîne de production sur des enveloppes budgétaires qui changent d’une loi de finances à l’autre.

Ne pas confondre tension commerciale et préparation stratégique

La tentation est grande, dans le débat public français, de traiter la rivalité sino-européenne comme un simple dossier commercial à gérer par des experts de Bruxelles. C’est une erreur de catégorie. Ce que nous voyons — les purges militaires à Pékin, le raidissement commercial, les investissements massifs dans la marine et les missiles hypersoniques chinois — est la préparation méthodique d’une puissance qui joue sur le long terme.

La France a des atouts réels : la dissuasion nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité, une industrie de défense compétente. Mais des atouts non financés sont des atouts qui s’érodent.

Je pose la question directement : combien de budgets militaires sacrifiés sur l’autel du déficit public faudra-t-il avant que nous prenions la mesure de ce qui se joue réellement ?

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