L’US Air Force a rapatrié en urgence vers les États-Unis la totalité des bombardiers stationnés à la base aérienne de RAF Fairford, en Angleterre, un site utilisé pour frapper l’Iran. Le retrait concerne au moins 12 bombardiers, dont plusieurs venaient tout juste d’arriver au Royaume-Uni dans le cadre d’une rotation.
Un responsable du Pentagone a confirmé l’opération dimanche 4 octobre 2026, sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisé à s’exprimer sur des mouvements militaires sensibles. Selon lui, « tous les bombardiers américains déployés à la RAF Fairford ont été redéployés vers leurs bases d’attache aux États-Unis ».
Des sites de suivi aérien ont repéré le décollage d’un grand nombre de B-1 ce même dimanche, certains ayant quitté la base alors que des avions-ravitailleurs étaient encore en cours de mobilisation pour soutenir leur vol retour. Deux responsables du Pentagone ont précisé que ce retrait hâtif ne répondait pas à une menace nouvelle ou différente, mais prolongeait des informations déjà connues, sans détailler davantage.
Une décision qualifiée de non politique
La BBC a été informée qu’il s’agissait d’une décision militaire, prise au niveau opérationnel et non politique, communiquée par l’armée américaine à ses homologues britanniques. Des sources de Whitehall n’ont pas contesté que ce choix de Washington était lié à l’incident survenu sur la base, dans le Gloucestershire.
Le New York Times rapporte, selon deux responsables américains, que les commandants militaires ont reçu de nouvelles informations sur un complot soutenu par l’Iran visant RAF Fairford : des alertes émises trois semaines plus tôt, mais des détails précis apparus dans les 24 heures précédentes qui ont poussé à agir vite. Le ministère britannique de la Défense a refusé de commenter.
Six arrestations et des soupçons sur Téhéran
Tout est parti d’un signalement, le 27 septembre 2026 : trois véhicules suspects repérés près de la base. Dans la nuit, cinq hommes âgés de 23 à 25 ans, tous Britanniques de Londres, ont été arrêtés pour suspicion d’infractions liées aux explosifs, puis pour préparation d’un acte terroriste, avant d’être libérés sous caution.
Un sixième homme, âgé de 25 ans et de double nationalité britannico-iranienne, a été interpellé à Londres le jeudi suivant pour les mêmes soupçons. Il a lui aussi été libéré sous caution, samedi, ont confirmé les enquêteurs antiterroristes.
Andy Burnham, le Premier ministre britannique, a fini par lâcher du lest sur les soupçons pesant sur Téhéran, expliquant qu’ils avaient attendu de pouvoir confirmer ce qu’ils pouvaient dire, mais qu’ils pouvaient désormais confirmer leur conviction que l’Iran avait joué un rôle.
Il a toutefois tempéré, précisant que cela demeurait toutefois une enquête policière complexe et très sérieuse, et qu’il ne pouvait donc pas en dire plus à ce stade. L’Iran dément fermement toute implication. Sur X, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répondu aux accusations par une formule lapidaire, affirmant qu’ils faisaient fausse route.
Quelques jours avant l’arrestation du sixième suspect, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déjà affirmé sur Fox News que l’affaire impliquait clairement la main d’un acteur étranger, sans donner plus de précisions. Donald Trump, de son côté, s’était dit surpris que les cinq premiers suspects aient été libérés sous caution, lâchant qu’ils savaient tout sur eux et qu’ils ne les auraient pas libérés.
Trump envisage de nouvelles frappes
Le président américain examine de nouvelles options concernant sa guerre contre l’Iran, y compris de nouvelles frappes, alors qu’il avait initialement promis une campagne de quelques semaines seulement. Samedi 3 octobre, en quittant la Maison Blanche pour un rassemblement dans l’Ohio, Donald Trump a lancé devant des journalistes qu’ils avaient des décisions qu’il allait prendre concernant l’Iran, que l’Iran avait été décimé, et que la seule question était donc de savoir si ce serait la méthode douce ou la méthode dure.
Un responsable du Pentagone a tenu à rassurer sur la capacité opérationnelle malgré le retrait de Fairford : les aviateurs qui opèrent la force de bombardiers américaine, B-1, B-2 et B-52 inclus, restent prêts à délivrer des capacités de frappe mondiale de précision, y compris via des opérations lancées et récupérées depuis le territoire continental des États-Unis, n’importe où, n’importe quand.
Trois porte-avions au Moyen-Orient d’ici fin octobre
Le dispositif américain dans la région s’étoffe par ailleurs. Le porte-avions USS Theodore Roosevelt, récemment déployé, ainsi que le groupe amphibie USS Malkin Island, font route vers le Moyen-Orient, a indiqué un responsable américain jeudi 1er octobre. Ce groupe transporte, navires d’accompagnement compris, plus de 7 000 marins et 2 000 Marines. Selon ce responsable, ce mouvement pourrait porter à trois le nombre de porte-avions présents dans la région dès la fin octobre 2026.








