Groenland : Washington rétablit deux bases après 70 ans d’absence

Ce 22 septembre 2026, les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont signé un accord tripartite rétablissant deux bases militaires américaines au Groenland : Narsarsuaq et Mestersvig. Après trois décennies de réduction drastique (de 17 installations et 10 000 militaires à une seule base avec 150 personnels), Washington inverse sa stratégie arctique face aux ambitions russes et chinoises.

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Groenland : Washington rétablit deux bases après 70 ans d'absence
Groenland : Washington rétablit deux bases après 70 ans d’absence © Armees.com

Un accord tripartite signé ce matin à l’Assemblée générale des Nations unies marque un changement significatif pour la défense arctique. Après trois décennies de retrait, les États-Unis vont rouvrir deux bases militaires au Groenland : Narsarsuaq et Mestersvig. Donald Trump, Mette Frederiksen et Jens-Frederik Nielsen ont signé cet accord qui renforce la présence américaine dans une région stratégique face aux ambitions russes et chinoises.

Le retour des bases de la Guerre froide

À Narsarsuaq, les militaires américains feront leur retour. Selon Defense News, Bluie West One, fermée dans les années 1950, dispose toujours d’infrastructures aéroportuaires utilisables. Avec seulement quelques dizaines d’habitants, ce village du sud du Groenland nécessitera des investissements pour moderniser des installations vieilles de 70 ans.

Historiquement, les États-Unis ont réduit leur présence militaire de 17 installations à une seule base au Groenland, celle de Pituffik (anciennement Thule Air Base), qui emploie environ 150 militaires. Le rétablissement de deux bases supplémentaires marque un retour stratégique, face aux nouvelles menaces arctiques identifiées par le Pentagone.

Les sites stratégiques et leurs enjeux

Narsarsuaq, par sa position géographique, contrôle les approches maritimes sud du Groenland. Les pistes actuelles permettent des opérations aériennes rapides après rénovation. Pendant la Guerre froide, elle servait déjà de base logistique pour le ravitaillement des patrouilles aériennes dans l’Atlantique Nord. Business AM mentionne que les négociations incluent la modernisation complète des infrastructures existantes.

À Mestersvig, l’implantation américaine cohabitera avec la Sirius Dog Sled Patrol, unité d’élite danoise spécialisée dans les opérations arctiques. Cette collaboration testera l’interopérabilité OTAN en environnement polaire.

Pituffik Space Base reste centrale dans le dispositif américain, avec ses 150 militaires opérant des systèmes de détection spatiale. Les nouvelles bases à Narsarsuaq et Mestersvig étendront la couverture géographique, formant un maillage défensif sur les façades ouest, sud et est du Groenland.

Capacités défensives et surveillance arctique

Les nouvelles bases renforceront la surveillance aérienne et maritime. Narsarsuaq surveillera les routes maritimes de l’Atlantique, tandis que Mestersvig couvrira les approches orientales, zones d’intérêt croissant pour la Russie. Les radars modernisés permettront de détecter toute activité suspecte dans un large rayon.

Selon Sud Ouest, l’accord empêche explicitement la Chine et la Russie d’implanter des bases militaires au Groenland sans l’accord des États-Unis. Mette Frederiksen a affirmé : « Cet accord est bénéfique pour les pays nordiques, l’OTAN et l’Europe. » Le texte vise à bloquer toute tentative d’établissement rival dans cette région riche en ressources.

Mise en œuvre et approbations parlementaires

Les parlements danois et groenlandais doivent ratifier l’accord avant son application. Le Parisien indique que le texte complet n’est pas encore public et que certains détails seront finalisés prochainement. Les travaux de rénovation à Narsarsuaq pourraient commencer en 2027 si les approbations sont rapides, tandis que Mestersvig nécessitera moins d’aménagements.

Cet accord élargit la responsabilité de la sécurité arctique à l’OTAN, plutôt qu’à un simple partenariat entre Washington et Copenhague. Ce nouvel accord engage toute l’Alliance atlantique dans la surveillance polaire. Trump a salué le texte pour son renforcement du contrôle américain sur la sécurité groenlandaise.

L’accord reconnaît la souveraineté danoise et le droit à l’autodétermination du Groenland, en rejetant les menaces d’acquisition de Trump. Anne Applebaum, commentatrice politique, a critiqué le processus, soulignant que l’Arctique devient crucial alors que Washington privilégie la militarisation plutôt que la surveillance environnementale.

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