Ukraine : la Russie aussi enrôle des étrangers dans ses rangs, avec de fausses offres d’emploi

La Russie recrute des étrangers pour la guerre en Ukraine par de fausses offres d’emploi et des pressions sur les migrants, selon plusieurs ONG.

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La Russie recrute des étrangers pour la guerre en Ukraine par de fausses offres d’emploi et des pressions sur les migrants, selon plusieurs ONG. ChatGPT
La Russie recrute des étrangers pour la guerre en Ukraine par de fausses offres d’emploi et des pressions sur les migrants, selon plusieurs ONG. ChatGPT | Armees.com

Ils cherchaient un salaire, une formation ou une possibilité de séjour. Certains se sont retrouvés armés sur le front ukrainien. Des enquêtes décrivent comment la Russie recrute des étrangers en exploitant leur précarité. Derrière les promesses professionnelles, les témoignages révèlent des contrats incompris, des menaces et des départs au combat imposés.

Des familles et des gouvernements confrontés aux conséquences du recrutement

Au Ghana, le recrutement de ressortissants par l’armée russe se mesure désormais en vies perdues. Le 27 février 2026, le ministre des Affaires étrangères a annoncé la mort de 55 Ghanéens, parmi 272 personnes identifiées comme ayant été entraînées dans le conflit. Ces chiffres, rapportés par Reuters, donnent une dimension concrète à un phénomène longtemps difficile à documenter. Ailleurs sur le continent, des proches réclament le retour de leurs enfants ou cherchent simplement à savoir où ils se trouvent. Au Kenya, les autorités ont engagé des actions contre les filières de recrutement. Le Centre d’études stratégiques de l’Afrique rapporte notamment des interventions dans des bureaux de recruteurs et un renforcement des contrôles aux aéroports. Les réseaux s’adapteraient toutefois en modifiant les itinéraires de transit. Pour les familles, l’identification d’un intermédiaire ne garantit donc ni des nouvelles fiables ni un rapatriement.

L’ampleur internationale du recrutement apparaît dans l’étude publiée le 29 avril 2026 par la FIDH, Truth Hounds et le Bureau international du Kazakhstan pour les droits de l’Homme et l’État de droit. Intitulée Combattants, mercenaires ou victimes de la traite des êtres humains ?, elle reprend une estimation ukrainienne d’au moins 27 000 étrangers recrutés depuis février 2022, provenant de plus de 130 pays. Ce total exclut les soldats nord-coréens envoyés dans le cadre d’un accord entre États. Il ne constitue pas un décompte indépendant de combattants actuellement présents au front. Il ne signifie pas davantage que chaque engagement résulte d’une tromperie. Certains étrangers rejoignent volontairement les forces russes. L’enquête documente cependant des situations bien différentes : parmi seize prisonniers de guerre interrogés, treize déclarent avoir reçu l’assurance qu’ils ne combattraient pas. La plupart auraient pourtant été déployés vers les premières lignes en quelques semaines.

De la promesse professionnelle à la contrainte militaire

Les méthodes décrites commencent souvent loin du champ de bataille. Des intermédiaires proposent des postes de chauffeur, d’électricien ou de gardien, avec des rémunérations attractives. D’autres mettent en avant des études ou une formation. Les annonces circulent sur les réseaux sociaux et dans des messageries. Selon la synthèse du Centre d’études stratégiques de l’Afrique, certains candidats versent des frais de placement avant leur départ. Une fois arrivés en Russie, ils découvrent des documents rédigés en russe, sans comprendre précisément l’engagement demandé. Des témoignages font état de menaces au moment de signer, puis de confiscations de passeports. Le retour devient alors difficile, tandis que les promesses de travail civil disparaissent. Cette mécanique est également décrite dans une enquête du Washington Post, fondée sur des entretiens avec des recrues et leurs familles. Elle distingue les anciens militaires attirés par une rémunération supérieure des hommes qui pensaient occuper un emploi civil ou un poste de sécurité éloigné des combats.

Une autre filière vise les migrants déjà installés sur le territoire russe. La FIDH décrit des pressions exercées après des arrestations ou des contrôles. Signer un contrat militaire leur est présenté comme une alternative à l’expulsion, aux poursuites ou au maintien en détention. Cette distinction entre recrutement à l’étranger et recrutement intérieur figure également dans le rapport d’Amnesty International publié le 10 septembre 2026, dont Le Monde rapporte les conclusions. L’ONG estime que de nombreux cas relèvent de la traite des êtres humains. Les autorités russes ont, de leur côté, nié recruter illégalement des Africains, selon Reuters. Les réactions dépassent désormais les démarches diplomatiques : le 5 mai 2026, le Royaume-Uni a annoncé des sanctions visant 35 personnes et entités associées, selon Londres, au recrutement de migrants vulnérables ou à la production de drones. Ces mesures illustrent l’élargissement du dossier aux réseaux qui alimentent aussi l’industrie de Défense russe. Reuters, sur les sanctions britanniques.

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