Dette française : nos armées paieront l’addition

Publié le
Lecture : 3 min
Dette française : nos armées paieront l'addition
Dette française : nos armées paieront l'addition | Armees.com

Pendant que Pigasse et Bardella s’écharpent sur la dette française, les vraies victimes de cette faillite programmée restent silencieuses. Ce sont nos soldats, nos régiments, nos industriels de la défense. Car quand l’État est à bout de souffle, c’est toujours la sécurité nationale qui trinque en premier.

3 100 milliards €

Le montant de la dette publique française en 2026, soit plus de 112 % du PIB — chaque euro remboursé en intérêts est un euro de moins pour nos armées.

La dette, ce boulet aux pieds de nos armées

Force est de constater que le débat entre Mathieu Pigasse et Jordan Bardella sur la dette française, aussi médiatique soit-il, passe à côté de l’essentiel. On s’amuse à se chamailler sur les chiffres, à se traiter mutuellement d’ignares économiques, pendant que la maison brûle. Et dans cette maison, il y a nos capacités de défense.

La France consacre aujourd’hui environ 2 % de son PIB à la défense. Soit. Nous avons — enfin — atteint l’objectif OTAN après des années de déni. Mais cette progression, aussi réelle soit-elle, repose sur des fondations de sable. Quand le service de la dette absorbe chaque année près de 60 milliards d’euros — soit davantage que le budget total des armées — la question n’est pas de savoir si nous pouvons maintenir l’effort. La question est de savoir combien de temps encore nous pourrons faire semblant.

La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d’euros sur sept ans. Un chiffre ambitieux, présenté comme historique. Sauf que derrière les annonces, la réalité budgétaire rattrape toujours les promesses politiques. Et avec un Roland Lescure qui envisage désormais de prolonger la surtaxe sur les grandes entreprises, c’est l’ensemble de la base industrielle et technologique de défense — ces ETI et grands groupes qui fabriquent nos missiles, nos blindés, nos frégates — qui se retrouve dans la ligne de mire du fisc.

Taxer les industriels de la défense : le comble de l’absurdité

Je veux être direct : taxer davantage les grandes entreprises françaises en 2026, dans un contexte de réarmement européen généralisé, c’est scier la branche sur laquelle repose notre souveraineté industrielle. Dassault, Thales, Naval Group, KNDS — ces entreprises ne sont pas des vaches à lait. Ce sont des actifs stratégiques nationaux.

Regardez ce que font nos voisins. L’Allemagne a créé un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour sa Bundeswehr, hors budget ordinaire, précisément pour sanctuariser la dépense militaire des aléas fiscaux. La Pologne consacre désormais 4 % de son PIB à la défense, et elle ne s’amuse pas à ponctionner ses industriels pour boucher les trous d’un État obèse. Aux Pays-Bas, la simplification fiscale pour les entreprises de défense est assumée comme une priorité stratégique.

En France, on fait l’inverse. On charge la barque fiscale, on complexifie les appels d’offres, on allonge les délais de paiement de l’État à ses fournisseurs — parfois au-delà de 90 jours — et on s’étonne ensuite que nos PME de défense peinent à investir et à embaucher.

L’Ukraine nous montre le prix de l’impréparation

Les drones ukrainiens qui frappent les entrepôts d’Ozon en Russie nous rappellent une vérité brutale : la guerre moderne se gagne aussi dans les usines, dans les chaînes logistiques, dans la capacité industrielle à produire vite et en masse. L’Ukraine résiste parce qu’elle a su mobiliser ses industriels, ses ingénieurs, ses entrepreneurs.

La France, elle, continue de traiter ses entreprises comme des suspects fiscaux. Si demain une crise majeure exigeait une montée en puissance industrielle rapide, aurions-nous encore les capacités de le faire ? J’en doute sérieusement.

La dette n’est pas qu’un sujet d’économistes ou de polémistes télévisés. C’est une menace directe pour notre défense nationale. Il est temps que nos dirigeants l’assument.

A lire aussi :

Laisser un commentaire

Share to...