L’Iran pose un ultimatum aux États-Unis sur Ormuz : « toutes nos conditions ou rien », tandis que les Houthis frappent l’Arabie saoudite

Ormuz transformé en « théâtre de guerre » : Téhéran pose ses conditions, Washington observe, les Houthis rouvrent un second front. Jusqu’où ira l’escalade ?

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L'Iran pose un ultimatum aux États-Unis sur Ormuz : « toutes nos conditions ou rien », tandis que les Houthis frappent l'Arabie saoudite
L’Iran pose un ultimatum aux États-Unis sur Ormuz : « toutes nos conditions ou rien », tandis que les Houthis frappent l’Arabie saoudite © Armees.com

Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la Révolution, a indiqué, dans des propos rapportés dimanche 9 août 2026 par la télévision d’État iranienne, que la stratégie actuelle consiste à maintenir le détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes les conditions iraniennes. La formule confirme que Téhéran ne compte pas rouvrir le détroit d’Ormuz de sitôt.

Cette puissante force armée iranienne présente la fermeture non plus comme une mesure temporaire, mais comme une ligne de conduite assumée, explique La Voix du Nord. Exigences ont été formulées samedi 8 août par Téhéran en préalable à toute levée du blocage :

  1. la fin définitive de la guerre et de l’agression américaine contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak,
  2. la levée du blocus imposé aux ports iraniens,
  3. une indemnisation intégrale des dommages causés par les hostilités,
  4. la levée des sanctions économiques,
  5. le déblocage sans condition des avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces points figuraient déjà dans le protocole d’accord irano-américain signé en juin 2026, qui avait permis une brève réouverture du détroit et un reflux des prix du pétrole avant que le processus ne déraille.

Téhéran refuse désormais de revenir à la situation d’avant-guerre et entend imposer des frais de service dans le détroit, contre l’avis de Washington. Pour Mohebi, Ormuz est « désormais en réalité un théâtre de guerre pour nous et pas seulement une voie navigable ».

La réouverture de ce passage, vital pour le commerce mondial d’hydrocarbures, est devenue la priorité numéro un de Donald Trump, loin devant le dossier nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l’offensive américano-israélienne. Le président américain, dans un entretien au média Axios, assure que les États-Unis restent « discrets » et se contentent d’observer l’Iran, en proie selon lui à une inflation galopante et à une économie en très mauvais état, au point de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Washington impose depuis juillet 2026 un blocus des ports iraniens qui, toujours selon Trump, aggrave cette crise. « Ça va s’arranger. Ça finit toujours par s’arranger », a-t-il lancé, comparant la situation à « une partie d’échecs ».

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, réfute de son côté toute négociation directe avec Washington, dont Trump s’est plusieurs fois prévalu. Il parle plutôt d’« un échange de messages à travers des intermédiaires » et exclut de renouer le dialogue tant que les violations américaines du protocole de juin ne cessent pas.

Seules des discussions avec Oman, l’autre pays riverain du détroit, se poursuivent pour tracer un futur itinéraire de passage ; elles seraient, selon Araghchi, dans leur phase finale. Sur le volet nucléaire, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a de son côté insisté dimanche 9 août sur le fait que l’Iran n’aurait pas d’armes nucléaires, avec ou sans accord.

Les Houthis visent des troupes saoudiennes à Mokha

Le second front lié à l’Iran s’est rouvert dimanche à Mokha, ville portuaire yéménite sur la mer Rouge contrôlée par le gouvernement yéménite, appuyé par Ryad. Les rebelles houthis, soutenus par Téhéran, ont revendiqué avoir ciblé des troupes et des équipements de l’ennemi saoudien dans cette zone, selon des sources militaires du gouvernement yéménite qui font état de drones et de missiles.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, décrit une « opération militaire d’envergure et précise visant des concentrations de troupes de l’ennemi saoudien et des dépôts d’armes dans la zone de Mokha », menée à l’aide d’« un grand nombre de missiles balistiques et de drones ».

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