Drones : la France entre en guerre, enfin

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Drones : la France entre en guerre, enfin
Drones : la France entre en guerre, enfin | Armees.com

Ce mercredi 22 juillet 2026, les Français ont commencé à travailler pour eux-mêmes après avoir consacré plus de la moitié de l’année à financer la machine étatique. Pendant ce temps, la France tente, laborieusement, d’entrer dans l’économie de guerre. Sur les drones, le réveil est brutal — et le retard, colossal.

250 %

C’est la hausse de taxe qui a contraint Ryanair à supprimer 2 millions de sièges en Belgique — une leçon que les décideurs français feraient bien de méditer avant de fiscaliser leur propre industrie de défense.

L’économie de guerre, ce slogan qui peine à devenir réalité

Macron l’a proclamé en 2022, Lecornu l’a théorisé, les états-majors l’ont décliné en plans capacitaires. Mais entrer en économie de guerre ne se décrète pas dans un discours à Saint-Cyr. Cela se mesure en cadences de production, en stocks de munitions, en délais de livraison industrielle. Et sur le front des drones — l’arme systémique de ce début de XXIe siècle — force est de constater que la France accuse un retard qui ne peut plus être dissimulé derrière des effets d’annonce.

La guerre en Ukraine a pourtant tout démontré : les drones FPV à 500 euros détruisent des chars à 3 millions d’euros. La supériorité aérienne se joue désormais à quelques centaines de mètres d’altitude, avec des équipements produits en masse, rapidement, à coût maîtrisé. L’industrie de défense française — Thales, Safran, Airbus Defence — sait fabriquer du sophisticated. Elle apprend encore à fabriquer du massif. Et vite.

Le problème n’est pas que nos industriels manquent de talent. Le problème, c’est que l’État français, client unique et omnipotent, reste un donneur d’ordres lent, procédurier, empêtré dans des appels d’offres qui prennent plus de temps à rédiger que les Ukrainiens n’en mettent à assembler un escadron de drones. Quand Kyiv commande en semaines, Paris commande en années. C’est un écart culturel autant qu’administratif.

Le modèle ukrainien, une leçon d’efficacité industrielle

Zelensky vient de remplacer son chef d’état-major — un général de 43 ans, symbole d’une armée qui se réinvente sous les balles. Cette capacité d’adaptation permanente, cette agilité opérationnelle et industrielle, est exactement ce dont la France a besoin pour ne pas décrocher.

Les Ukrainiens ont créé un écosystème de startups militaires qui court-circuite les lourdeurs administratives. Des petites entreprises livrent des drones en quelques semaines, testent, échouent, corrigent, relancent. En France, le parcours du combattant réglementaire décourage les PME de défense avant même qu’elles aient présenté leur prototype. La Direction générale de l’armement, malgré ses efforts récents — et je les reconnais volontiers — reste un moloch bureaucratique qui écrase dans l’œuf l’innovation agile.

Je pense que la clé est là : il faut créer une voie rapide, un Small Business Act de la défense à la française, permettant aux startups et ETI du secteur de signer des contrats de gré à gré pour des petites séries expérimentales. L’Allemagne l’a fait avec son fonds spécial de 100 milliards. Israël le pratique depuis des décennies. Les États-Unis ont leur DARPA et leurs OTA — *Other Transaction Authorities* — qui permettent de s’affranchir des procédures classiques d’achat public.

Fiscalité et compétitivité : ne pas tuer l’industrie qu’on veut faire naître

La leçon Ryanair-Belgique devrait résonner dans tous les ministères. Augmenter une taxe de 250 % détruit instantanément l’attractivité d’une plateforme, supprime des emplois, pénalise les consommateurs. Appliqué à l’industrie de défense, le raisonnement est identique : fiscaliser, surréguler, complexifier les exportations d’armement au nom de considérations politiques fluctuantes, c’est condamner nos industriels à perdre des marchés que les Américains, les Israéliens ou les Turcs s’empressent de récupérer.

La France veut une base industrielle et technologique de défense souveraine. Bien. Mais une industrie souveraine a besoin de carnets de commandes, de visibilité budgétaire sur dix ans, et d’un État qui soit un partenaire stratégique — pas un tuteur tatillon.

L’économie de guerre, ce n’est pas un slogan. C’est un modèle économique. Il est temps de le construire vraiment.

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