L’Allemagne réfléchit sérieusement à rétablir le service militaire obligatoire. Le projet répond à des difficultés de recrutement et à un contexte géopolitique tendu. Le chancelier Friedrich Merz veut une armée conventionnelle plus solide, alors que les relations avec la Russie se dégradent et que celles avec les États-Unis restent incertaines. Une décision est attendue d’ici juillet 2027.
La Bundeswehr aujourd’hui : où ça coince
La Bundeswehr compte aujourd’hui 185 000 militaires de carrière, alors que l’objectif est de 260 000 d’ici 2035. Plusieurs dispositifs ont été tentés, dont un service militaire volontaire, mais les résultats sont faibles : 530 volontaires engagés entre janvier et mai, sur 300 000 jeunes contactés. Le gouvernement juge ces chiffres insuffisants, ce qui le pousse à envisager le retour de la conscription.
Le président de la commission de la Défense du Bundestag, Thomas Röwekamp, a déclaré à l’AFP que la conscription redeviendrait une option si le volontariat ne suffisait pas : « Si nous ne parvenons pas à atteindre ces objectifs grâce au volontariat, nous devrons revenir à la conscription obligatoire. La décision devra être prise d’ici au 31 juillet 2027. »
Ce qui a été lancé pour redresser la barre
Les mesures en cours comprennent une campagne de recrutement renforcée et un recensement obligatoire des jeunes hommes à leur 18e anniversaire. Sur 298 200 questionnaires envoyés et un objectif de 15 000 volontaires pour 2025, seules 12 200 personnes se sont engagées cette année. Le service volontaire, le « Neuer Wehrdienst », entré en vigueur le 1er janvier 2026, ne remplit donc pas les rangs.
Le Bundestag a soutenu ce dispositif en adoptant une loi par 323 voix contre 272. L’objectif est aussi de combler le vide laissé par la suspension de la conscription en 2011, alors que l’armée enregistre un déficit structurel, avec 20 000 à 30 000 départs par an.
Et la France dans tout ça ?
La situation allemande fait écho à ce qu’a fait la France récemment. En novembre 2025, le président Emmanuel Macron a lancé un service militaire volontaire qui a attiré plus de candidats que prévu : 4 000 candidatures pour 1 800 postes. Pour mémoire, le service militaire n’est plus obligatoire en France depuis la loi adoptée en octobre 1997 sous la présidence de Jacques Chirac.
Le budget pèse également dans la balance. Pour 2026, les dépenses de défense prévues atteignent 108,2 milliards d’euros, avec un investissement militaire porté à 3,5 % du PIB à partir de 2029. Friedrich Merz veut par ailleurs porter les effectifs de la Bundeswehr à 460 000 soldats d’ici 2035, un chiffre cohérent avec les objectifs discutés à l’OTAN.








