Le Pakistan a mené de nouvelles frappes en Afghanistan. Le bilan est lourd. De son côté, Islamabad justifie ce raid en réponse à une attaque survenue il y a quelques jours.
Le Pakistan frappe, à nouveau, l’Afghanistan
Le Pakistan a de nouveau frappé le territoire afghan. Officiellement présentée comme une opération antiterroriste ciblée contre des groupes armés installés près de la frontière, cette intervention marque un nouveau durcissement d’Islamabad face à une menace qu’il estime désormais transfrontalière. Ainsi, le Pakistan a annoncé avoir conduit une opération terrestre appuyée par des frappes aériennes dans l’est de l’Afghanistan. Cette nouvelle séquence militaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Islamabad et les autorités talibanes afghanes.
Selon les autorités pakistanaises, l’objectif était d’atteindre des infrastructures utilisées par des groupes armés accusés d’organiser ou de soutenir des attaques contre le territoire pakistanais. Islamabad affirme notamment viser des réseaux liés au Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et à Jamaat-ul-Ahrar.
Pourquoi le Pakistan a lancé ces frappes en Afghanistan après une série d’attaques
La justification avancée par Islamabad repose sur un argument devenu central dans sa doctrine sécuritaire : empêcher que la frontière afghane serve de base arrière à des mouvements armés hostiles. Le gouvernement pakistanais affirme que l’opération a été décidée après plusieurs attaques subies sur son territoire. Selon Al Jazeera, qui cite des déclarations officielles diffusées le 29 juin 2026, les autorités ont présenté cette intervention comme une réponse directe à une succession d’actions menées par des groupes armés. Attaullah Tarar, ministre pakistanais de l’Information, a déclaré que l’opération avait été lancée « en réponse à plusieurs attaques menées à travers le pays ».
L’élément déclencheur immédiat semble avoir été une attaque contre le siège régional des Rangers pakistanais à Karachi. En effet, cet assaut a provoqué la mort de trois soldats pakistanais. Dans les milieux sécuritaires pakistanais, cet épisode a renforcé les appels à mener une action directe au-delà de la ligne frontalière. Pour Islamabad, il ne s’agit plus seulement d’une logique défensive. Les responsables pakistanais estiment que les mécanismes de coopération avec Kaboul ne permettent plus d’empêcher les infiltrations ni les préparatifs d’attaques.
Pakistan : comment les frappes et l’attaque ont été conduites
Les informations disponibles décrivent une opération combinée, articulée autour d’une intervention au sol suivie de frappes aériennes. Selon Associated Press le 29 juin 2026, les forces pakistanaises ont conduit des actions coordonnées le long de la frontière afghane avant de frapper plusieurs positions présentées comme des repaires de combattants. Reuters rapporte que plusieurs secteurs de l’est afghan ont été touchés, notamment dans les provinces de Paktia, Paktika et Kunar. Le choix de ces zones n’est pas anodin : elles constituent historiquement des espaces difficiles à contrôler et régulièrement évoqués dans les échanges d’accusations entre Islamabad et Kaboul.
Le Pakistan revendique une opération ciblée contre des combattants et soutient avoir agi contre des infrastructures servant à préparer des attaques. Les autorités pakistanaises ont communiqué un premier bilan faisant état de 29 combattants tués.
De leur côté, les autorités afghanes accusent les frappes d’avoir provoqué la mort de 36 civils et fait 160 blessés. Les responsables afghans soutiennent que les victimes comprennent des femmes et des enfants. Les autorités talibanes ont qualifié l’intervention de « lâche et brutale ». Comme lors des précédents épisodes de tensions entre les deux pays, aucune vérification indépendante immédiate du bilan n’a été rendue publique au moment des premières déclarations.








