Les tensions montent dans le golfe Persique : plusieurs navires, dont des pétroliers, ont traversé le détroit d’Ormuz et semblent se diriger vers l’Iran. Ce mouvement intervient malgré un blocus strict des États-Unis sur les ports iraniens, mis en place dès le lundi 13 avril. La situation pose des questions sur l’efficacité du blocus et ses répercussions géopolitiques.
Ce qu’on sait sur le franchissement
Jeudi, les agences de presse comme BFMTV, ont rapporté l’entrée de plusieurs navires dans le golfe Persique, contournant le blocus américain. Parmi eux, deux très grands pétroliers, RHN et Alicia, arborant le pavillon de l’État de Curaçao, ont attiré l’attention après avoir changé leur destination initiale de l’Irak pour un statut « en attente d’ordres ». D’autres navires, comme l’Agios Fanouris I et le transporteur de gaz de pétrole liquéfié G Summer, ont signalé l’Irak comme destination tout en se dirigeant visiblement vers l’Iran.
Les porte-conteneurs Zaynar 2 et le cargo Neshat, bien que sous sanctions, ont également franchi le détroit pendant cette période de tension. Tous ces navires ont été localisés près des côtes iraniennes, à proximité du port stratégique de Bandar Abbas.
Le blocus américain : comment il a été mis en place
Le blocus a été lancé par le Commandement central des États-Unis pour le Moyen-Orient (Centcom) et vise à dissuader « les navires de toutes nationalités » de commercer avec l’Iran. Depuis l’annonce, plus de 10 000 soldats ont été déployés pour faire appliquer cette mesure. Les autorités américaines affirment une mise en œuvre pleinement effective dans les 48 premières heures, mais malgré cela, certains navires ont quand même poursuivi leur route vers des ports iraniens.
Selon les déclarations américaines, 14 navires ont fait demi-tour pour se conformer au blocus après des ordres des forces américaines. L’armée américaine n’a toutefois pas prétendu avoir empêché toutes les tentatives, et certains observateurs évoquent une « confusion qui règne » sur les mouvements des navires, d’après l’analyste de Lloyd’s List Intelligence, Tomer Raanan.
Ce que disent les experts
Des spécialistes comme Bridget Diakun de Lloyd’s indiquent que certains navires liés à l’Iran suspendent leur voyage ou rebroussent chemin, même si d’autres semblent atteindre leur destination. Pour l’analyste Tom Sharpe, il y a des signes que certains navires parviennent à contourner le blocus, ce qui laisserait penser qu’il est partiellement perméable.
Le suivi maritime, assuré par des plateformes telles que MarineTraffic et Kpler, a permis d’identifier les changements de statut et les mouvements des navires en question. Ces observations montrent l’agilité de certaines flottes pour naviguer malgré des restrictions strictes.








