Les astronomes confirment un méga-laser cosmique à 8 milliards d’années-lumière : il émet sans interruption et personne ne comprend pourquoi

Des signaux radio d’une clarté incroyable, envoyés depuis plus de 8 milliards d’années, révèlent des mystères de l’univers primitif.

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Les astronomes confirment un méga-laser cosmique à 8 milliards d'années-lumière : il émet sans interruption et personne ne comprend pourquoi
Source : Astronomers Detect A Mega Laser Halfway Across The Universe | Armees.com

Les données du radiotélescope MeerKAT révèlent une ligne radio extraordinairement fine et très brillante, similaire aux filaments étranges découverts au cœur de la Voie lactée. Ce signal ne suit pas l’atténuation habituelle liée à la distance, ce qui intrigue et mérite qu’on creuse le sujet. Certains le décrivent comme un « méga-laser » : une émission amplifiée qui suggère un mécanisme d’amplification unique dans l’univers.

Un signal rare venu de très loin

La source de cette ligne radio s’appelle le recensement HATLAS J142935.3,002836, un système de galaxies nettement déformées et étirées, signe d’une forte distorsion gravitationnelle. D’après le DG, elle se trouve à plus de 8 milliards d’années-lumière : la lumière que nous recevons a donc été émise quand l’univers était beaucoup plus jeune.

L’analyse spectrale indique une longueur d’onde d’environ 18 centimètres, fortement liée à la molécule d’hydroxyle (OH), tout comme un filament cosmique reliant deux galaxies en formation. Dans certaines conditions, l’hydroxyle peut jouer le rôle d’amplificateur naturel pour des émissions radio.

Comment fonctionne ce méga-laser naturel

On observe deux lignes principales de l’hydroxyle, à 1667 MHz et 1665 MHz, exceptionnellement intenses malgré l’immense distance. C’est ce qui justifie qu’on parle de « maser », acronyme de « Microwave Amplification by Stimulated Emission of Radiation ». La puissance de cette émission est telle que les chercheurs proposent même le terme de « gigamaser ».

Le phénomène se produit dans un environnement complexe : la galaxie hôte est en « fusion violente ». Ces collisions galactiques favorisent des conditions propices à l’amplification, similaires aux éruptions cosmiques observées au-dessus de la Voie lactée, comme la compression du gaz, de fortes turbulences et la formation de zones poussiéreuses favorisant l’accumulation d’hydroxyle.

Quand une lentille gravitationnelle joue les télescopes

Un élément déterminant de la puissance observée est la présence d’une galaxie en avant-plan qui agit comme un « télescope cosmique », un effet souvent attribué à la matière noire. La lentille gravitationnelle forte courbe l’espace-temps et concentre l’émission vers la Terre. Le Dr Thato Manamela de l’University of Pretoria qualifie cette configuration de « véritablement extraordinaire », et elle a permis la détection en quelques heures grâce au réseau d’antennes du radiotélescope MeerKAT.

Les observations montrent aussi une ligne d’absorption d’hydrogène neutre (H I), révélant plusieurs couches de gaz au sein de la fusion, une mine d’informations pour saisir les processus à l’œuvre.

Les résultats, publiés sur arXiv et menés par des chercheurs du South African Radio Astronomy Observatory (SARAO), soulignent le fort potentiel des futures enquêtes pour repérer d’autres systèmes d’hydroxyle lointains.

Cette découverte enrichit notre compréhension de l’univers primitif et de ses phénomènes énergétiques. Elle interpelle autant les scientifiques que le public curieux des mystères cosmiques et ouvre la voie à de nouvelles explorations.

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