Golfe d’Oman : la marine iranienne réduite à néant ?

Le 3 mars 2026, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le US Central Command (CENTCOM), a affirmé que la marine iranienne n’avait plus aucun navire opérationnel dans le golfe d’Oman.

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Golfe d’Oman : la marine iranienne réduite à néant ? © Armees.com

Selon Washington, la marine iranienne aurait été anéantie dans le golfe d’Oman. En l’espace de deux jours, les États-Unis affirment avoir détruit 11 navires de guerre iraniens et frappé plus de 1 250 cibles en Iran.

Une marine iranienne « réduite à zéro » dans le golfe d’Oman, selon les USA

Le 3 mars 2026, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le US Central Command (CENTCOM), a affirmé que la marine iranienne n’avait plus aucun navire opérationnel dans le golfe d’Oman. « Il y a deux jours, le régime iranien avait 11 navires dans le golfe d’Oman. Aujourd’hui, il n’en a plus aucun », a déclaré le CENTCOM.

Cette annonce spectaculaire intervient après une série de frappes menées dans le cadre de l’opération baptisée « Operation Epic Fury ». Selon ABC News, le CENTCOM affirme avoir frappé plus de 1 250 cibles en Iran au cours des deux premiers jours de l’offensive, dont 11 navires iraniens.

Dès le 1er mars, le président américain Donald Trump avait donné le ton. « Nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, dont certains relativement grands et importants », a-t-il déclaré, selon Military Times. Dans la foulée, il a ajouté : « Nous allons nous occuper du reste : ils flotteront bientôt au fond de la mer, eux aussi ». Deux jours plus tard, Anadolu Agency rapporte qu’il évoquait un total de 10 navires coulés, avant que le CENTCOM n’annonce la destruction des 11 bâtiments présents dans la zone.

Parmi les cibles figurait notamment une corvette de classe Jamaran. Selon Reuters, l’armée américaine a indiqué avoir coulé ce navire alors qu’il était à quai à Chah Bahar, dans le golfe d’Oman. Dans le même message, le CENTCOM a lancé un avertissement explicite aux forces iraniennes : « Comme l’a dit le Président, les membres des forces armées iraniennes, de l’IRGC et de la police doivent déposer les armes. Abandonnez le navire ».

À ce stade, l’Iran n’a pas confirmé les pertes annoncées par Washington. Toutefois, des images satellites analysées par USNI News montreraient des dégâts et des incendies sur des installations navales iraniennes à Konarak et Bandar Abbas, suggérant que les forces navales ont été particulièrement visées.

Frappe contre les cibles navales iraniennes : escalade stratégique dans le détroit d’Ormuz

Au-delà du golfe d’Oman, c’est l’ensemble de l’architecture maritime régionale qui est affectée. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique entre le golfe Persique et la mer d’Arabie, concentre désormais les tensions. Selon Reuters, environ 20 % de la consommation mondiale quotidienne de pétrole transite par ce goulet d’étranglement large d’environ 33 kilomètres à son point le plus étroit, soit 21 miles. Dans ce contexte, un haut responsable lié aux Gardiens de la révolution, Ebrahim Jabari, a déclaré : « Le détroit est fermé. Si quelqu’un tente de passer, les héros des Gardiens de la révolution et de la marine régulière mettront ces navires à feu ».

La menace n’est pas restée théorique. Un pétrolier ravitailleur de 96 mètres, l’Athe Nova, battant pavillon hondurien, a pris feu dans le détroit après avoir été touché par deux drones, d’après les Gardiens de la révolution iraniens. Les médias iraniens ont suggéré qu’il ravitaillait des bâtiments de l’US Navy, ce que Reuters n’a pas pu confirmer auprès du propriétaire.

Ce que signifie la destruction de la marine iranienne pour le conflit Iran–USA

L’affirmation américaine selon laquelle la marine iranienne aurait été totalement éliminée du golfe d’Oman constitue un tournant. Si elle est confirmée, elle représenterait l’une des pertes navales les plus lourdes subies par l’Iran depuis des décennies. Sur le plan opérationnel, la disparition de 11 navires en deux jours affaiblit considérablement la capacité de projection iranienne en mer d’Arabie.

Reste une inconnue majeure : la capacité de riposte asymétrique de l’Iran. Même privée d’une partie de sa marine conventionnelle dans le golfe d’Oman, Téhéran conserve des moyens de harcèlement, notamment via des drones et des missiles côtiers, comme l’illustre l’attaque contre le pétrolier Athe Nova.

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