Le 6 novembre 2025, le président Argentin a annoncé que son gouvernement menait des négociations avancées avec la France pour l’achat de sous-marins et de bâtiments de patrouille destinés à la surveillance côtière. L’information, confirmée lors d’une interview à la chaîne française Public Sénat, marque un tournant dans la stratégie de Défense de l’Argentine, après plusieurs années d’inactivité sous-marine depuis la perte tragique du ARA San Juan.
Industrie de la Défense : Javier Milei détaille les négociations avec la France
Dans son entretien avec la chaîne française Public Sénat, Javier Milei a déclaré : « Nous sommes en train d’acheter des sous-marins et nous sommes également en train d’acheter des patrouilleurs », confirmant pour la première fois que la marine Argentine s’apprête à renouveler son parc sous-marin. Quelques instants plus tard, il a ajouté : « Nous avons une relation merveilleuse avec la France », saluant un partenariat bilatéral jugé stratégique pour la relance des capacités navales relaye La Gaceta.
Selon Zona Militar , cette déclaration n’est pas un simple effet d’annonce : deux programmes distincts sont concernés. Le premier vise à doter l’Armada Argentina de sous-marins modernes ; le second à renforcer la flotte de la Prefectura Naval, responsable de la surveillance des côtes. Ces deux composantes constituent aujourd’hui la priorité de la politique de Défense du gouvernement Milei, qui cherche à combler un vide capacitaire de huit ans.
Le schéma financier évoqué a surpris les observateurs. D’après Diario Río Negro, les discussions portent sur un système de paiement à la livraison, une modalité rarissime dans les marchés d’armement. Aucun versement n’aurait lieu avant la construction complète des unités, ce qui réduirait la pression sur les comptes publics Argentins.
Relancer une capacité perdue : le pari de l’Argentine sur la technologie française
Depuis le naufrage du ARA San Juan en 2017, la marine Argentine n’a plus aucun sous-marin opérationnel. Or, le pays dispose d’une zone économique exclusive de plus de 4,5 millions de km² et d’un littoral long de 4 700 kilomètres, rendant la surveillance sous-marine indispensable. D’après Misiones Online, le projet franco-argentin répond à ce besoin stratégique : rétablir une capacité de dissuasion en haute mer tout en structurant une filière industrielle durable.
Sur le plan budgétaire, Infobae rappelle que le projet de loi de finances 2025 prévoyait un crédit pluriannuel de 2,31 milliards de dollars pour la ligne « Recuperación Submarina ». Ce financement permettrait de couvrir à la fois les acquisitions et la formation des équipages. L’équipe de Milei envisage désormais de réorienter ce montant pour s’aligner sur la proposition française, tout en intégrant la formule de paiement différé.
Le ministre de la Défense, Luis Petri, avait anticipé cette orientation dès 2024 : « Le grand défi est de récupérer la capacité sous-marine… il n’y a pas d’arme plus dissuasive qu’un sous-marin dans une Armée », rappelait-il, cité par Análisis Digital. Les discussions menées avec la France concernent principalement le modèle Scorpène, un sous-marin d’attaque à propulsion diesel-électrique développé par Naval Group. Selon plusieurs médias Argentins, la lettre d’intention transmise par Buenos Aires à Paris évoque la livraison de trois unités. Si cette estimation se confirmait, elle représenterait l’investissement militaire le plus important depuis la modernisation des avions Mirage F1 dans les années 1990.
La technologie française est réputée pour sa compacité et son endurance en milieu océanique. Pour l’Argentine, elle combine fiabilité, autonomie et compatibilité avec les infrastructures existantes de l’Armada. D’après Análisis Digital, le contrat prévoirait une phase de transfert technique pour permettre à l’industrie locale de participer à la maintenance. Une partie de la formation serait assurée par la France, renforçant ainsi la coopération bilatérale dans le domaine de la Défense.








