Le 22 août 2025, le monde scientifique et technologique a été secoué par une annonce qui fait déjà parler d’elle : le projet Chrysalis. Ce vaisseau, pensé pour conduire des humains jusqu’à Proxima Centauri b, marque une étape de taille dans notre envie d’aller toujours plus loin dans l’univers, tout comme le vol d’essai crucial de Starship. Le périple, qui devrait durer 400 ans et couvrir pas moins de 40 000 milliards de kilomètres, ouvre une nouvelle ère en exploration interstellaire, tout comme le voyage vers Mars.
Un concours pour imaginer demain
Le projet Hyperion est né de l’initiative de l’Initiative for Interstellar Studies (i4is), qui veut tester le potentiel des missions interstellaires habitées avec des vaisseaux dits générationnels. Pour y parvenir, un concours international a été lancé en novembre 2024, invitant les meilleurs talents à imaginer un vaisseau capable de relever le défi. En juin, trois candidats se sont démarqués : Chrysalis, WFP Extreme et Sysema Stellare Proximum. La supervision du projet est assurée par une équipe hétéroclite d’ingénieurs, de chercheurs et d’anthropologues.
L’équipe italienne derrière Chrysalis – composée d’un architecte, d’un astrophysicien, d’une actrice et d’une psychologue – a finalement remporté le concours. Le vaisseau, qui pourra accueillir environ 1 000 personnes pendant le voyage, a été pensé pour protéger ses passagers des effets nuisibles de la gravité, anticiper tous leurs besoins alimentaires et gérer efficacement les déchets tout au long du périple.
Un design innovant et des technologies de pointe
Chrysalis s’inspire des vaisseaux spatiaux fictifs des années 80 et de l’univers d’Isaac Asimov pour se doter d’un look original, évoquant la chrysalide d’un papillon. Ce long cylindre, qui mesure 58 000 mètres et pèse 2,4 milliards de tonnes métriques, a sa partie avant profilée pour diminuer les risques de collision avec des corps célestes. Pour simuler une gravité artificielle, cette section tourne continuellement autour d’un axe, un des nombreux défis techniques à surmonter.
Au cœur de ce projet, c’est la fusion nucléaire utilisant des isotopes d’hélium et de deutérium qui permet de générer l’énergie nécessaire. Cette technique assure à la fois la poussée requise et l’alimentation électrique pour les passagers du vaisseau. Grâce à ses couches rotatives, Chrysalis parvient à imiter la gravité terrestre tout en offrant plusieurs niveaux comprenant des écosystèmes, des espaces communs, des logements et des jardins.
Les autres candidats en lice
Arrivant en deuxième position, le projet polonais WFP Extreme séduit par son concept original : un corps central entouré de deux anneaux, chacun d’un diamètre de 500 mètres, qui tournent dans des sens opposés. Ces anneaux abritent des habitats, des espaces de travail ainsi que trois quartiers d’habitation chacun.
Le troisième finaliste, Sysema Stellare Proximum, est le fruit d’efforts canadiens. Ce vaisseau, qui rappelle l’allure d’une méduse grâce à une tête imposante, est conçu pour résister aux chocs d’astéroïdes et aux radiations cosmiques. Son système alimentaire circulaire exploite des algues et des micro-organismes afin de recycler les déchets en nourriture et en oxygène.
Un pas vers les étoiles
L’équipe de l’i4is précise que « le projet Hyperion explore la faisabilité des missions interstellaires habitées grâce à des vaisseaux générationnels ». Avec Chrysalis en tête d’affiche, cette aventure soulève de belles interrogations sur l’identité culturelle de l’humanité, alors qu’une migration interstellaire pourrait s’étaler sur plusieurs siècles.








