Un astéroïde fonce sur nous : pourquoi les scientifiques commencent à paniquer

Un astéroïde de la taille d’un bâtiment pourrait frôler la Terre d’ici quelques années.

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Un astéroïde fonce sur nous : pourquoi les scientifiques commencent à paniquer
Un astéroïde fonce sur nous : pourquoi les scientifiques commencent à paniquer © Armees.com

L’astéroïde 2024 YR4 a récemment attiré l’attention des scientifiques et du grand public à cause de sa trajectoire qui pourrait s’approcher dangereusement de la Terre. Découvert en décembre 2024 grâce à un télescope d’alerte installé au Chili, ce corps céleste suscite autant d’inquiétude que de curiosité. On estime son diamètre entre 40 et 100 mètres, ce qui le rapproche de la taille d’un bâtiment de 15 étages. Sa découverte a été annoncée le 29 janvier 2025, déclenchant une série de calculs pour chiffrer les probabilités d’une collision.

Surveillance et calcul des risques

Dès l’annonce, les spécialistes ont bossé pour évaluer le risque associé à 2024 YR4. La première estimation dépassait 1 % et a varié au fil des semaines. Le 18 février, la probabilité montait à 3,1 %, pour redescendre à 1,5 % le lendemain. À la fin du mois, le chiffre était tombé à 0,004 % et atteignait moins de 0,0000081 % en juin. La NASA, de son côté, avait d’abord évalué à 2,3 % une collision possible pour le 22 décembre 2032, estimation qui a ensuite été ramenée à environ 1,2 %.

Les astronomes gardent un œil sur 2024 YR4 grâce au télescope spatial James Webb, qui précisera sa taille en mars 2025. L’astéroïde restera observable jusqu’en avril 2025, avant de devenir trop discret jusqu’en juin 2028. Les observations astronomiques sont partagées et analysées via le réseau international d’alerte aux astéroïdes (IAWN), afin d’affiner ces évaluations.

Scénario de collision et composition de l’astre

Si l’astéroïde venait à entrer en collision avec la Terre, on pourrait assister à un phénomène ressemblant à l’événement de Toungouska en 1908, qui a libéré l’énergie équivalente à 50 millions de tonnes de TNT et déraciné environ 80 millions d’arbres sur 2 150 km². Selon sa composition, s’il est rocheux, il pourrait exploser dans l’atmosphère en déversant une traînée de feu, tandis que s’il est composé de fer, il risquerait de traverser l’atmosphère pour créer un cratère conséquent.

Actuellement, l’échelle de Turin classe la menace de 2024 YR4 à trois degrés (niveau jaune), indiquant qu’il s’agit d’un événement à suivre sans générer une inquiétude immédiate.

Moyens pour modifier sa trajectoire

Face aux risques liés à des objets comme 2024 YR4, plusieurs options ont été envisagées pour modifier sa trajectoire ou réduire les dégâts potentiels. La destruction totale n’est pas envisagée, puisqu’elle pourrait éparpiller des débris sur Terre. Parmi les méthodes explorées figure le lancement d’un projectile pour dévier l’objet céleste ; cette technique a été testée avec succès avec la mission Dart en 2021. Une autre solution pourrait consister à faire exploser une charge nucléaire à proximité pour faire changer sa direction.

Le développement d’une mission de ce type nécessiterait environ quatre ans de préparation. Patrick Michel du CNRS expliquait d’ailleurs : « Il a fallu quatre ans pour développer la sonde qui a rejoint Dimorphos ensuite », laissant entendre que nous aurons le temps de réagir entre 2028 et 2032 si la situation l’exige.

Une communication sans ambiguïté

L’auteur, spécialiste de la défense contre les astéroïdes imprévus, insiste sur la nécessité d’une bonne communication entre scientifiques et grand public au sujet de ces menaces. Il remarque qu’il n’est pas toujours facile pour le public de bien saisir la portée des probabilités annoncées, même quand les chiffres sont précis.

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