L’Allemagne se lance dans une transformation de son arsenal en annonçant un plan d’achat ambitieux. Avec 1 000 chars Leopard et 2 500 blindés Boxer en renfort, Berlin prévoit de dépenser environ 25 milliards d’euros pour remettre ses équipements à neuf. Ce plan marque une étape importante pour renforcer la Bundeswehr face aux défis sécuritaires qui se multiplient en Europe.
Une ambiance budgétaire et politique qui roule
Le lancement de ce programme intervient juste après que le Bundestag a voté en mars la levée du « frein à l’endettement ». Cette décision permet au gouvernement du chancelier Friedrich Merz de débloquer beaucoup de moyens pour la défense. Selon M. Merz, il s’agit de doter l’Allemagne de « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe ». Ce plan s’inspire directement de la Pologne, qui consacre désormais 5 % de son PIB à ses dépenses militaires.
La Pologne a, en effet, commandé récemment 1 366 chars (dont 1 000 K2PL sud-coréens et 366 M1A2 Abrams américains), 672 obusiers K9 Thunder, plusieurs centaines de lance-roquettes multiples – comprenant le K239 Chunmoo et le M142 HIMARS – ainsi que 96 hélicoptères d’attaque AH-64E Apache/Guardian. Cette comparaison montre bien que l’ambition allemande est de rivaliser avec ses voisins en matière de puissance militaire.
Le budget et la modernisation de la Bundeswehr
Pour financer ces acquisitions, l’Allemagne a prévu un budgets de défense défini pour la défense, qui s’élève à 95 milliards d’euros pour cette année. Dans cette enveloppe, 24 milliards d’euros proviennent d’un fonds spécial pour la Bundeswehr financé par la dette et environ 9 milliards d’euros sont alloués au soutien de l’Ukraine. On estime que d’ici 2029, le budget militaire grimpera jusqu’à 153 milliards d’euros, ce qui représente environ 3,5 % du PIB.
La mise à jour de la Bundeswehr ne concerne pas seulement le matos. D’après les plans de l’Otan, l’Allemagne doit aussi mettre en place sept brigade allemande, soit environ 40 000 soldats de plus. Pour rappel, l’armée de terre allemande (Heer) ne compte actuellement qu’environ 300 chars Leopard 2, d’où l’importance de ces nouveaux achats pour atteindre ses objectifs.
Un zoom sur les acquisitions prévues
Les chars Leopard envisagés pourraient être de la version récente Leopard 2A8 ou même des modèles à venir comme le Leopard 2AX (ou Leopard 3). En janvier dernier, Berlin avait déjà signé les premiers contrats de développement pour le Leopard 2AX. Parallèlement, le ministère de la Défense allemand prévoit de commander les véhicules Boxer auprès du consortium ARTEC, formé par KNDS Deutschland et Rheinmetall.
Un autre projet majeur concerne le programme MGCS, développé en coopération avec la France. Ce programme vise à concevoir un char de combat nouvelle génération qui devra, dès 2038, remplacer progressivement les actuels chars Leclerc XLR français. Toutefois, avec un futur parc potentiel de 1 000 Leopard 2A8 ou 3, l’Allemagne pourrait moins compter sur le MGCS, d’où la nécessité d’une solution intérimaire jusqu’à ce que ce nouveau système soit pleinement opérationnel dans les années 2040.
Des perspectives législatives et stratégiques
Le plan d’investissement pour ces achats sera soumis au Bundestag d’ici la fin de l’année. Cette étape au parlement est primordiale pour concrétiser les projets militaires allemands et s’assurer que le pays reste en tête des innovations technologiques militaires en Europe.








