Hitler aurait pu faire exploser le monde avec son arme « Sun Gun » ?

Imaginez une arme capable de réduire des villes en cendres, conçue par l’Allemagne nazie dans l’espace.

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Hitler aurait pu faire exploser le monde avec son arme "Sun Gun" ?
Hitler aurait pu faire exploser le monde avec son arme « Sun Gun » ? © Armees.com

Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que les puissances de l’Axe perdaient pied, l’Allemagne nazie misait sur sa technique pour changer la donne. Parmi les idées les plus farfelues et controversées, il y avait le « Sonnengewehr », surnommé « canon solaire », une arme spatiale qui viserait à détruire ses ennemis depuis l’orbite terrestre. Ce projet ambitieux, lancé par Adolf Hitler, prévoyait d’exploiter l’énergie du soleil pour causer d’énormes dégâts sur le sol.

Le concept du « Sun Gun »

L’idée, vraiment révolutionnaire, consistait à concentrer la lumière du soleil pour générer une chaleur tellement extrême qu’elle pourrait réduire en cendres des villes entières ou même faire bouillir des océans. Pour y parvenir, il fallait construire un miroir colossal de plus d’un kilomètre de diamètre, avec un budget prévu de trois millions de Reichsmark. Théoriquement, si cette arme orbitale avait vu le jour, elle aurait pu changer le cours de la guerre.

L’idée vient du physicien et pionnier spatial Hermann Oberth. Dès 1929, dans son ouvrage « Wege Zur Raumschliffahrt » (ou « Voies vers le vol spatial »), Oberth avait déjà envisagé une station spatiale avec un miroir concave à des fins pacifiques. Mais sous le régime nazi, il s’est retrouvé impliqué dans le développement de la fusée V2 et a ensuite collaboré avec Wernher von Braun pour la NASA après la guerre.

Adaptation et défis techniques

Les cerveaux nazis, notamment ceux du centre d’essais d’artillerie de Hillersleben, ont repris l’idée d’Oberth pour en faire une arme de destruction massive. Le plan prévoyait une plateforme orbitale énorme, placée à environ 8 200 kilomètres au-dessus de la Terre, équipée d’un réflecteur géant en sodium métallique couvrant une superficie de 9,1 km².

Cependant, plusieurs défis techniques rendaient la chose impossible à l’époque. La fusée V-2, bien que très avancée pour son temps, n’était pas assez puissante pour atteindre l’orbite avec une charge aussi lourde. Ajoutez à cela que les technologies pour construire et entretenir une structure de ce genre restaient de l’ordre de la théorie. À cette altitude, une partie de l’énergie concentrée se dissipait avant même d’atteindre le sol.

Héritage et découvertes alliées

Même si les scientifiques nazis savaient que ce projet restait hors d’atteinte pendant la guerre, ils spéculaient qu’il pourrait être possible dans 50 à 100 ans. Ce qui est ironique, c’est que certaines des technologies envisagées deviennent aujourd’hui partiellement faisables grâce aux avancées modernes. Cela s’explique en partie par le recrutement des scientifiques allemands par les États-Unis via le programme « Operation Paperclip ». Aujourd’hui, la puissance solaire spatiale (SBSP) est étudiée par des pays comme les États-Unis et la Chine, qui cherchent à développer des sources d’énergie alternatives.

En 1945, quand les Alliés ont mis la main sur les plans du canon solaire, ils ont été stupéfaits par l’échelle et la précision des schémas. Le projet comprenait même une station spatiale habitée avec des unités d’amarrage pour les fusées de ravitaillement, des jardins hydroponiques produisant de l’oxygène et des générateurs solaires.

Réflexions sur un projet audacieux

Même s’il n’a jamais été réalisé, le « Sun Gun » reste un exemple fascinant des ambitions démesurées du régime nazi en matière d’armement technologique. Les questions éthiques et stratégiques soulevées par une telle arme poussent encore à réfléchir sur la manière dont on pourrait utiliser les technologies spatiales à des fins militaires.

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