Grande-Bretagne : les Armées passent aux cyberattaques

Le Royaume-Uni crée un commandement cybernétique doté d’un milliard de livres pour mener des cyberattaques et intégrer l’intelligence artificielle sur les champs de bataille. Un tournant stratégique.

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Le Royaume-Uni crée un commandement cybernétique doté d’un milliard de livres pour mener des cyberattaques et intégrer l’intelligence artificielle sur les champs de bataille. Un tournant stratégique. Pixabay
Le Royaume-Uni crée un commandement cybernétique doté d’un milliard de livres pour mener des cyberattaques et intégrer l’intelligence artificielle sur les champs de bataille. Un tournant stratégique. Pixabay | Armees.com

Face à des menaces numériques croissantes, le Royaume-Uni revoit profondément sa posture militaire en matière de cyberattaques. Londres abandonne la simple logique défensive pour passer à l’action offensive dans le cyberespace. Une nouvelle entité militaire, financée à hauteur d’un milliard de livres, mènera ces opérations. Une révolution stratégique au sein de l’armée britannique.

Des cyberattaques pour une guerre numérique permanente

L’armée britannique change d’approche, rappelle Le Figaro. Fini le temps où elle se contentait de défendre ses systèmes informatiques. Désormais, elle prévoit de mener des attaques ciblées contre ses adversaires. Ce changement est incarné par la création d’un commandement cybernétique et électromagnétique, récemment annoncé par le ministre de la Défense, John Healey.

Ce nouveau commandement marque une rupture. Doté d’un budget massif d’un milliard de livres, il vise à moderniser l’arsenal numérique de l’armée. Il intégrera des capacités d’intelligence artificielle pour améliorer la coordination, la rapidité d’exécution et la précision sur le champ de bataille. L’objectif : détecter et neutraliser les menaces dès leur apparition, via des capteurs terrestres, maritimes, aériens ou spatiaux, et frapper en retour par des moyens cyber ou militaires.

Cette stratégie découle de l’expérience accumulée par la National Cyber Force, entité active depuis cinq ans dans les cyberopérations offensives. Désormais, cette unité travaillera main dans la main avec le nouveau commandement, dans une logique d’efficacité et de centralisation des moyens. Le Royaume-Uni affirme ainsi son intention de devenir l’un des pays les plus avancés dans la guerre numérique.

Une modernisation urgente face à des adversaires mieux préparés

En 2024, le ministère britannique de la Défense a enregistré près de 90.000 cyberattaques. La plupart proviennent d’acteurs étatiques, notamment la Russie, la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord. Certaines opérations ont ciblé des militaires de retour de mission. Ces offensives, de plus en plus fréquentes et sophistiquées, montrent l’intensification d’un conflit numérique sans relâche.

Face à ces menaces, Londres veut prendre l’initiative. Cela passe aussi par le développement d’un réseau de ciblage numérique baptisé Kill Web, prévu pour 2027. Grâce à l’intelligence artificielle, ce système permettra une synchronisation des moyens entre la Royal Navy, l’armée de terre et la Royal Air Force. La guerre électromagnétique, qui consiste à brouiller, intercepter ou paralyser les communications ennemies, deviendra également un pilier de cette doctrine.

Parallèlement, un effort massif de recrutement est lancé. Le programme Cyber Direct Entry doit attirer rapidement des experts civils vers l’armée. Le Royaume-Uni reconnaît ainsi qu’il doit rattraper son retard technologique. Une ambition affichée : devenir la force la plus innovante de l’OTAN en matière de cybersécurité et d’opérations numériques offensives.

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