En décembre 1945, un événement pas comme les autres a eu lieu à Fruita, dans le Colorado, captivant le public et les médias. Un poulet de la race Wyandotte, baptisé Mike, aurait défié les lois de la nature en vivant pendant 18 mois sans tête. Cette histoire fascinante a attiré l’attention des curieux et soulevé bien des questions sur la capacité de certains animaux à tenir le coup dans des conditions pour le moins surprenantes.
Le jour où tout a changé
Le 10 décembre 1945, Lloyd Olsen, épaulé par sa femme Clara, était en pleine session d’abattage de poulets sur leur ferme. Ce jour-là, Mike fut décapité par Lloyd mais, contre toute attente, il ne s’écroula pas. Au lieu de ça, le poulet resta sur ses pattes et continua à vivre. Intrigués par ce spectacle insolite, les Olsen décidèrent de ne pas lui jeter l’éponge. Rapidement, la nouvelle fit le tour du pays, attirant journalistes et curieux.
Les combines pour le garder en vie
Pour que Mike puisse continuer à vivre, les Olsen ont mis au point une méthode bien ingénieuse. Ils nourrissaient le poulet en lui passant de l’eau et du grain directement dans l’œsophage à l’aide d’une pipette. Ils nettoyaient aussi régulièrement son œsophage pour éviter que le mucus ne s’accumule de façon dangereuse. Malgré tous ces soins pointilleux, Mike trouva la mort le 17 mars 1947, étouffé par une seringue oubliée.
Mike the headless chicken was no different from any other chicken, except that he lived for 18 months after his head has been cut off. pic.twitter.com/feD3ADdqTK
— THE G•O•A•T (@OfficialUdiBoy) January 27, 2020
L’aventure commerciale qui a payé
Voyant en Mike une vraie occasion en or, Lloyd Olsen décida de transformer ce poulet sans tête en une attraction touristique étonnante. Il organisa des visites payantes, avec un tarif de 25 dollars par curieux venu admirer cet animal hors du commun. Grâce à cette petite entreprise, le couple gagnait environ 4 500 dollars par mois. Mike devint rapidement une vedette aux États-Unis, partant en tournée dans plusieurs villes comme Long Beach, Phoenix et même en Floride.
Les vérifications et les doutes scientifiques
Si l’histoire de Mike fascinait tout le monde, certains restaient sceptiques quant à sa véracité. On raconte que des spécialistes de l’Université de l’Utah avaient examiné Mike pour essayer d’expliquer ce phénomène étonnant, mais aucun document officiel n’a été retrouvé dans leurs archives. Selon Lloyd Olsen, la décapitation aurait préservé 80 % du cerveau de Mike, permettant à quelques fonctions vitales de continuer à fonctionner. De plus, un caillot de sang aurait eu un rôle majeur en évitant une hémorragie mortelle.
Les doutes qui subsistent
Parmi les sceptiques figure Jean-Claude Périquet, président de la fédération française des associations d’éleveurs de gallinacés et de palmipèdes. Il n’est pas convaincu et lâche : « Ça ne tient pas debout ». Pour lui, même si un animal décapité peut montrer quelques signes de vie juste après l’acte, ces mouvements ne durent généralement pas plus de deux minutes.
L’héritage culturel qui perdure
Même si cette histoire fait toujours débat, Mike a marqué sa ville d’origine. Depuis 1999, Fruita célèbre chaque début juin la « journée du poulet sans tête » avec un festival en son honneur. Cet événement permet à chacun de redécouvrir un épisode étonnant de l’histoire de la région.








