Négociations à Istanbul pour un cessez-le-feu : Poutine peut-il être arrêté s’il met le pied en Turquie ?

Vladimir Poutine, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, pourrait-il être interpellé s’il venait en Turquie ?

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Négociations à Istanbul pour un cessez-le-feu : Poutine peut-il être arrêté s’il met le pied en Turquie ? © Armees.com

Alors que l’Ukraine et la Russie pourraient se retrouver le 15 mai 2025 à Istanbul pour discuter d’un cessez-le-feu, une question explosive émerge : Vladimir Poutine, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, pourrait-il être interpellé s’il venait en Turquie ?

Une rencontre entre Poutine et Zelensky à Istanbul ? Rien n’est confirmé, mais l’hypothèse inquiète certains diplomates et interroge les juristes. La Turquie, non signataire du Statut de Rome, peut-elle (et veut-elle) arrêter un chef d’État russe sous le coup d’un mandat international ?

Zelensky va-t-il rencontrer son homologue russe ?

Les regards sont tournés vers Istanbul. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé son homologue russe à une rencontre le jeudi 15 mai 2025, pour discuter d’un cessez-le-feu. Une tentative de négociation que le Kremlin n’a pas formellement démentie. Le porte-parole Dmitri Peskov s’est contenté de confirmer que « la partie russe continue de se préparer aux négociations » sans confirmer la présence ou non de Vladimir Poutine.
Du côté européen, on en doute fortement. « Vladimir Poutine n’osera pas », a jugé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Kiev, de son côté, a mis en garde : l’absence de Poutine serait « le signal ultime que la Russie ne veut pas mettre fin à la guerre ».

La Turquie peut-elle arrêter Poutine ? Techniquement, non

La question est simple. La réponse l’est moins.

Vladimir Poutine est visé depuis mars 2023 par un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre. En théorie, ce mandat s’applique à tout État signataire du Statut de Rome. Problème : la Turquie ne fait pas partie des États membres de la CPI. Elle n’est donc pas légalement tenue d’arrêter le président russe s’il se rendait sur son sol.
En pratique, la coopération avec la CPI repose sur la volonté politique des États. La Turquie a parfois salué les décisions de la Cour, notamment à propos d’Israël. Mais l’exécution d’un mandat d’arrêt dépend intégralement d’un choix diplomatique.
Autrement dit, même si Poutine venait à Istanbul, la Turquie ne serait ni obligée ni, probablement, disposée à l’arrêter.

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