La découverte récente à Pompéi attire déjà l’attention internationale. On vient de mettre au jour une fresque immense datant du 1er siècle avant J.-C. dans l’Insula 10, située dans la Région IX au cœur de la cité antique. Cette œuvre, qualifiée de « mégalographie », nous plonge dans les rituels dionysiaques et montre toute la richesse culturelle et spirituelle de l’époque.
Un bijou du deuxième style pompéien
Cette fresque est un bel exemple du deuxième style de la peinture pompéienne. On y voit une scène d’initiation aux mystères dionysiaques, avec des figures mythologiques comme Dionysos, Silène, des bacchantes et des satyres. Ces derniers jouent de la flûte double et font une libation, pendant que les bacchantes se dévoilent comme danseuses et chasseuses. Les personnages paraissent presque vivants grâce à leurs mouvements tout en finesse et au soin apporté aux détails de leurs vêtements.
L’œuvre s’étend sur trois murs d’une grande salle de banquet, le quatrième mur s’ouvrant sur un jardin luxuriant. Le fond rouge vif renforce la dimension dramatique des scènes représentées. À côté, une frise plus discrète met en scène le thème de la chasse, avec des animaux, vivants ou déjà tombés, ajoutant une touche à la fois mystique et sauvage (détail qui fait toute la richesse visuelle de l’ensemble).
La casa del tiaso : un spot de culte énigmatique
La résidence où se trouve la fresque se nomme Casa del Tiaso ou Maison du Thiasos, en lien direct avec la procession dionysiaque qui y est illustrée. Les cultes à mystères, comme ceux dédiés à Dionysos, promettaient une existence heureuse, ici-bas comme dans l’au-delà pour ceux qui en faisaient l’expérience. Même si les festivals dionysiaques furent officiellement interdits en 186 av. J.-C., cette interdiction était largement comptée pour de la poudre aux yeux, comme le montre cette fresque vieille d’environ 100 ans au moment de l’éruption du Vésuve.
Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, a qualifié cette trouvaille d’historique et a mis en lumière l’importance de cet artefact, qui enrichit notre vision de la vie méditerranéenne à l’époque (une vraie fenêtre sur le passé).
Un chantier archéologique de grande envergure
Les fouilles ont démarré en février 2023 sur une superficie impressionnante d’environ 3 200 m², couvrant presque un insula entier. En plus de la fresque, plus de 50 nouvelles pièces ont été mises au jour sur plus de 1 500 m² : maisons-atrium, ateliers, fullonica (blanchisserie), boulangerie, salles de réception, sacrarium et complexe de bains font désormais partie des découvertes archéologiques.
L’équipe, conduite par Anna Onesti, compte parmi ses directeurs opérationnels Ludovica Alesse, Vincenzo Calvanese, Giuseppe Scarpati et Pasquale Spiezia. Des spécialistes comme Valeria Amoretti et Chiara Comegna s’occupent des recherches archéobotaniques, tandis qu’Alessandro Russo et son équipe s’attachent aux travaux archéologiques et de restauration.
Un financement de 33 millions d’euros a permis d’assurer non seulement les fouilles, mais aussi la maintenance et la restauration du site.
La frise est désormais accessible au public, avec des visites organisées du lundi au vendredi à 11h00. Pour celles et ceux qui veulent en profiter, il suffit de réserver par téléphone au 327 2716666 après avoir acheté un billet standard pour le parc archéologique.
Source : Pompeiisites.org








