En janvier 2025, le télescope spatial James Webb a capturé une photo vraiment captivante, partagée par la NASA en février. Ce cliché nous révèle des détails jamais vus sur Leo P, une galaxie naine irrégulière située à 5,3 millions d’années-lumière de la Terre, dans la constellation du Lion. Ce n’est pas juste un exploit technique impressionnant, c’est aussi une fenêtre ouverte sur les toutes premières formations galactiques.
Une incursion avec le James Webb
L’image obtenue par le James Webb a été prise grâce à sa caméra proche infrarouge (NIRCam), qui capte les infrarouges pour mesurer avec précision la luminosité et la couleur de milliers d’étoiles anciennes. On peut y repérer, en bas à droite, une zone grouillante d’étoiles brillantes affichées en bleu. À côté, une petite formation en forme de bulle bleue signale la présence d’une région d’hydrogène ionisé, autour d’une étoile massive de type O (ces étoiles dégagent une énergie intense). En toile de fond, des galaxies spirales se dessinent nettement en haut à gauche et en haut à droite.
Cette observation remet Leo P sous les projecteurs, une galaxie intrigante découverte en 2013. Éloignée des grandes structures comme la Voie lactée et Andromède, Leo P se caractérise par sa composition chimique très pauvre, ne renfermant presque que de l’hydrogène et de l’hélium (d’où le surnom « pristine », signifiant intact).
Little galaxies can hold big clues
— NASA Webb Telescope (@NASAWebb) February 10, 2025
Webb took a look at Leo P, a dwarf galaxy, and its patterns of star formation. Unlike other dwarf galaxies, Leo P unusually resumed its star formation after the end of the universe’s “dark ages.” But why? https://t.co/jDsXWklJ3L pic.twitter.com/tvmTdwN6sr
Les mystères des étoiles de Leo P
Les récentes observations de James Webb montrent que Leo P continue de formation d’étoiles, contrairement à ce que les astronomes pensaient au départ. L’histoire de formation stellaire de cette galaxie se divise en trois étapes distinctes :
- une première période d’ébullition stellaire au début,
- une pause après l’Époque de la Réionisation,
- puis une reprise spectaculaire quelques milliards d’années plus tard.
Aujourd’hui, environ 15 000 étoiles ont été étudiées dans Leo P, avec une prédominance d’étoiles bleues liée à sa faible teneur en éléments plus lourds que l’hydrogène et l’hélium.
L’Époque de la Réionisation (qui s’est étendue d’environ 150 millions à 1 milliard d’années après le Big Bang) marque la fin d’une période où le gaz d’hydrogène neutre bloquait la lumière. C’est à ce moment que les premières étoiles ont explosé en supernovas, émettant une lumière ultraviolette capable d’ioniser l’hydrogène, similaire aux éruptions cosmiques observées dans d’autres galaxies.
Les petits bijoux de l’univers
Les galaxies naines comme Leo P sont de véritables joyaux pour en savoir plus sur l’évolution et les origines de l’univers. À la différence des grandes galaxies qui ont évolué en se fusionnant avec d’autres, certaines de ces petites galaxies types « semences », comme Leo P, ont gardé un visage quasi inchangé depuis plusieurs milliards d’années (ce qui permet aux chercheurs d’analyser leur histoire stellaire sans les complications des grandes fusions).
D’autres observations sont prévues avec le télescope James Webb pour explorer quatre autres galaxies naines isolées, tout dans le but de récolter davantage d’indices sur la formation des étoiles au fil du temps.








