Ginkgo biloba, l’arbre immortel : ce fossile vivant a survécu aux dinosaures, aux bombes et au temps

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Ginkgo biloba, l’arbre immortel : ce fossile vivant a survécu aux dinosaures, aux bombes et au temps © Armees.com

Il a survécu aux dinosaures, aux bouleversements climatiques et même à une explosion nucléaire. Ginkgo biloba, arbre millénaire au feuillage en éventail, continue d’étonner les scientifiques par sa résilience hors du commun.

Le 31 décembre 2024, l’hebdomadaire Forbes publiait un article retraçant l’histoire fascinante du Ginkgo biloba, cet arbre qui a non seulement précédé les dinosaures, mais qui a également survécu à la bombe atomique d’Hiroshima. Un cas unique dans l’histoire du vivant. Mais comment une espèce végétale peut-elle défier les cataclysmes les plus destructeurs ? Grâce à une combinaison de caractéristiques biologiques exceptionnelles et un lien singulier avec l’humanité, cet arbre continue de prospérer dans nos villes et nos parcs.

Un fossile vivant plus vieux que les dinosaures

Depuis 290 millions d’années, le Ginkgo biloba est resté pratiquement inchangé. Il est aujourd’hui la seule espèce survivante de son groupe botanique, alors que ses congénères ont disparu lors des différentes extinctions de masse. Les fossiles retrouvés datant de l’ère jurassique montrent des feuilles presque identiques à celles des ginkgos actuels. Ce phénomène, appelé stase évolutive, signifie que l’arbre n’a pas eu besoin de changer pour s’adapter aux écosystèmes successifs. Il prospérait autrefois à travers Laurasia, le supercontinent de l’hémisphère nord, avant que l’extinction du Crétacé-Paléogène ne fasse disparaître les dinosaures et de nombreuses autres espèces.

L’incroyable résilience du Ginkgo biloba face aux catastrophes

Le 6 août 1945, la bombe Little Boy explose au-dessus d’Hiroshima, libérant une chaleur de 7 000 °F (3 871 °C) en seulement trois secondes. Toute forme de vie proche de l’épicentre fut instantanément vaporisée. Pourtant, six Ginkgo biloba situés à un mile (1,6 km) de l’explosion ont survécu. Malgré leurs branches calcinées et leurs feuilles réduites en cendres, ces arbres ont recommencé à bourgeonner quelques mois plus tard, prouvant une capacité de régénération exceptionnelle.

Cette résilience hors norme s’explique par plusieurs facteurs biologiques. La structure cellulaire du Ginkgo biloba est particulièrement robuste, lui permettant un renouvellement constant de ses cellules et évitant le vieillissement prématuré. Une étude publiée en 2020 dans la Proceedings of the National Academy of Sciences a montré que même les ginkgos âgés de 600 ans maintiennent une production élevée d’antioxydants et d’antimicrobiens, un phénomène rare dans le règne végétal. De plus, son écorce épaisse lui permet de résister aux maladies et aux conditions extrêmes, ce qui en fait un arbre idéal pour les environnements urbains.

L’intervention humaine : une sauvegarde inespérée

Bien que doté d’une résistance exceptionnelle, le Ginkgo biloba a failli disparaître à plusieurs reprises. À la fin du Pléistocène, l’espèce ne subsistait plus qu’à l’état sauvage dans quelques vallées isolées de Chine. Ce sont les moines bouddhistes qui ont contribué à sa sauvegarde en le plantant dans les temples où il était vénéré pour sa longévité et ses propriétés médicinales. Cette intervention humaine a permis à l’espèce de traverser les siècles et d’être aujourd’hui présente dans de nombreux parcs et jardins du monde entier.

On trouve désormais des ginkgos centenaires et millénaires en Chine, au Japon et en Corée. Parmi les plus célèbres, un Ginkgo de 1 400 ans situé près du temple Gu Guanyin en Chine dont le feuillage doré attire chaque année des milliers de visiteurs. Quant aux ginkgos d’Hiroshima, ils sont devenus des symboles de paix et de résilience, rappelant la capacité du vivant à se reconstruire après des événements destructeurs.

Pourquoi le Ginkgo biloba fascine encore aujourd’hui ?

Les chercheurs continuent d’étudier le Ginkgo biloba pour percer les secrets de sa longévité. Ses feuilles et son écorce contiennent des flavonoïdes et des terpènes, des composés bénéfiques pour le système cardiovasculaire. Ces substances possèdent également de puissantes propriétés antioxydantes, qui pourraient inspirer de nouvelles thérapies anti-âge. Cet intérêt scientifique ne cesse de croître, car comprendre comment cet arbre résiste aux maladies et au vieillissement pourrait ouvrir des perspectives dans le domaine médical.

Au-delà de la science, le Ginkgo biloba est largement utilisé dans l’aménagement urbain. Il supporte les conditions difficiles des villes, étant résistant à la pollution, aux maladies et aux insectes. Il demande peu d’entretien et son feuillage doré en automne en fait un élément esthétique prisé dans les espaces verts. Certaines municipalités choisissent de ne planter que des ginkgos mâles pour éviter les fruits des individus femelles, dont l’odeur désagréable peut poser problème.

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