Pilote, médecin, parachutiste, et première femme générale en France : Valérie André incarnait l’audace et de dévouement. Décédée le 21 janvier 2025, à l’âge de 102 ans, elle laisse derrière elle un héritage impressionnant, honoré par l’armée et la nation. Retour sur une vie hors du commun.
« Une très grande dame nous a quittés », a déclaré sur LinkedIn Olivia Pénichou, déléguée à l’information et à la communication de la Défense.
Valérie André : une carrière marquée par l’excellence et le courage
Née à Strasbourg le 21 avril 1922 dans une famille nombreuse, Valérie André rêve très tôt de piloter. Adolescente, elle suit des cours de pilotage à l’aéroclub de sa ville natale. Cependant, la guerre vient interrompre ses ambitions initiales. Déterminée, elle s’installe en zone libre et étudie la médecine à Clermont-Ferrand.
En 1948, elle obtient son brevet de parachutisme, puis devient pilote d’hélicoptère, une première pour une femme en France. Dès 1949, elle s’engage en Indochine. Sa mission ? Secourir les blessés en utilisant l’hélicoptère comme outil d’évacuation médicale, un concept totalement révolutionnaire à l’époque.
Durant les guerres d’Indochine et d’Algérie, Valérie André cumule les missions de sauvetage. Entre 1952 et 1953, elle effectue 129 vols d’exploitation et évacue 165 blessés. En Algérie, elle réalise plus de 350 missions en tant que médecin et pilote. Ces exploits lui valent d’être décorée à plusieurs reprises, notamment de la croix de guerre avec sept citations.
En 1976, elle accède au rang de médecin général du service de santé des armées, devenant ainsi la première Française à atteindre un tel grade militaire. Cinq ans plus tard, elle reçoit une troisième étoile, équivalente au rang de général de division.
Un hommage à la hauteur de sa carrière
Au-delà de ses accomplissements militaires, Valérie André s’engage pour la reconnaissance des femmes dans l’armée. Elle ouvre la voie à une féminisation progressive des forces armées françaises, malgré les résistances initiales. Son travail et son exemple inspirent des générations de militaires et d’aviatrices.
En 2022, pour célébrer son centenaire, l’héliport de Paris/Issy-les-Moulineaux est baptisé en son honneur, témoignant de l’impact durable de ses contributions.
Plusieurs personnalités, dont le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, lui ont rendu hommage : « Son courage et sa passion resteront gravés dans nos mémoires. »
« Première femme élevée à la dignité de grand-croix de l’ordre national du Mérite, Valérie André n’est plus. Médecin militaire, elle a évacué, aux pires heures de la guerre d’Indochine, plusieurs soldats français, avec dévouement et courage. Je salue sa mémoire. », a écrit le ministre des Armées Sébastien Lecornu.
En guise d’adieu, les mots de Valérie André résonnent comme un testament : « J’ai eu une vie extraordinaire. La seule chose que je peux souhaiter maintenant, c’est un beau matin ne pas me réveiller et être là-haut, parmi les étoiles. »








