Vous voyagez ? Gare au paludisme...

publié le mercredi 6 août 2008

Paludisme : 2,7 millions de décès annuels dans le monde. La fréquence des cas et des décès chez les voyageurs européens semble en augmentation. La résistance du parasite aux médicaments est en constante croissance : la chloroquine (Nivaquine*) ne peut quasiment plus nulle part être utilisée seule ; il faut lui adjoindre (proguanil, Paludrine*) : Savarine* : et même cette association n’est désormais acceptable que pour une partie sans cesse rétrécie de la planète. L’efficacité de la méfloquine (Lariam*) diminue également... mais pas ses effets secondaires.

Il faut donc mettre tout en œuvre pour éviter de se faire contaminer.

La contamination :

Très simple : commence avec le coucher du soleil, est maximale en milieu de nuit, disparaît à l’aube. Piège : on n’entend pas les moustiques responsables (anophèles) et on ne ressent pas leur piqûre.

Petites consolations : ces moustiques sont très fragiles : quand il fait grand vent, on peut relâcher sa vigilance ; ils ne supportent pas l’altitude et disparaissent parfois à 1500m, toujours à 2000m.

Eviter les piqûres

Trois mesures principales et quelques accessoires (si on peut les mettre toutes en œuvre, c’est parfait) : dès le crépuscule.

Très utiles.

1) Porter des vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle : pantalons et chemises serrées aux extrêmités (style tenue de jogging). Pas de tissus synthétiques (risque mycose) ni de tissus trop chauds : l’idéal est le coton ou, pour les voyageurs plus fortunés, le lin, l’alpaga... Chaussettes épaisses, chaussures fermées.

2) Sur les parties restées découvertes, appliquer des répulsifs anti-moustiques efficaces : bien peu le sont ! Sont conformes aux recommandations du Ministères de la Santé Insect Ecran, 5/5Tropic, et la toute récente gamme Repel Insect (adulte, enfant, tissus).

3) Ne dormir que sous moustiquaire imprégnée d’insecticide (pyréthrinoïdes). Trois avantages : barrière mécanique, effet répulsif et effet mortel (KD) pour tout insecte qui se pose dessus. C’est la protection majeure reconnue par l’OMS.

Utiles

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1) L’air conditionné est une bonne chose, mais limitée : il ne fait que diminuer l’agressivité des moustiques qui ont pu pénétrer dans la chambre : attention aux petites « clims » individuelles qui ne dispensent donc pas de la moustiquaire imprégnée ; toujours préférer les hôtels à climatisation centrale et à fenêtres condamnées.

2) Les sprays insecticides (type Baygon*) peuvent d’être d’un bon appoint mais sont inutiles dans une chambre munie d’une moustiquaire imprégnée. Attention à ne pas s’intoxiquer par de trop fortes vaporisations.

3) Les diffuseurs électriques (type 5/5) sont de loin préférables, distribuant la dose utile sur toute une nuit de manière homogène.

4) Les serpentins incandescents sont utiles dans des espaces vastes, par exemple sous la table d’une grande salle à manger, ou lors de soirées extérieures s’il n’y a pas trop de vent. Ne pas mettre dans une petite chambre close (céphalées le lendemain).

Tous ces produits et matériels sont difficiles à trouver. Il sont disponibles en vente à distance :

Catalogue Santé Voyages (envoi gratuit sur simple demande) 83-87 av. d’Italie 75013 Paris. Tél 01 45 86 41 91 ; fax : 01 45 86 40 59. www.sante-voyages.com infos santé et commandes en ligne sécurisée. Livraisons Colissimo Suivi : 24h Ile-de-France, 48h province. (Armees.com n’est pas partie prenante dans la commercialisation)

Inutiles

1) Les appareils lumineux qui attirent les insectes en espérant les brûler sur leurs résistances.

2) Les appareils à ultrasons, portables ou fixes, qui frôlent vraiment l’arnaque.

3) Les vitamines du groupe B per os à haute dose : on ne sait même plus d’où vient ce concept absurde dont les moustiques se moquent. L’odeur que répandent ses adeptes n’éloigne que ses proches.

Le risque est le produit de l’ignorance par le hasard. Vous savez tout. Restera le hasard qui fait le charme des voyages...

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Dr. Alain FISCH Chef de Service Centre des Vaccinations Internationales et Urgences Médecine Tropicale C.H. 94195 Villeneuve St-Georges cedex.


Par Vassili Chapotchka et Anton Pechkov

Le paludisme est une maladie due à un parasite de la famille de Plasmodium. Il est transmis par un moustique femelle et infecte alternativement l’être humain et l’insecte. On compte de 300 à 500 millions d’infections ou de ré-infections de paludisme par an. Cette maladie est une des plus meurtrières de toutes les affections humaines : elle tue chaque année de 1,5 à 2,7 millions de personnes, dont environ un million d’enfants de moins de 5 ans.

- Localisation

Aujourd’hui, environ 41% de la population mondiale est exposée au risque de l’infection. La malaria est répandue dans toute l’Afrique sub-saharienne, l’Amérique et l’Asie du sud. En 1934, une grande épidémie de paludisme a déclanchée en Australie. Mais après des années de lutte, en 1981, l‘Organisation Mondiale de la Santé la déclare libre du paludisme. Mais depuis ces années, un nouveau problème est apparu ; le paludisme d’aéroport. Des insectes infectés font le trajet dans des pays impaludés par avion. Beaucoup de cas d’infection dans des aéroports ont été constatés.

La carte ci-dessous représente les régions du Monde ou la malaria est présente.

Source : www.rph.wa.gov.au/labs/haem/malaria...

- La transmission du paludisme

Il y a trois façons de transmission du paludisme :

La transmission par piqûre d’un moustique vecteur. La transmission par transfusion sanguine ou par greffe d’organe. La transmission trans-placentaire de la mère vers l’enfant.

Le vecteur du paludisme est un moustique femelle « anophèle ».

Le parasite protozoaire du genre Plasmodium est l’agent de la maladie. Il existe quatre espèces de Plasmodium spécifiquement humaines, dont l’évolution est différente :

Plasmodium Falciparum. Il peut entraîner la mort en se multipliant dans des micros vaisseaux de certains organes.

Plasmodium Vivax et Plasmodium Ovale ne tuent pas, mais peuvent entraîner des rechutes jusqu’a 5 ans après la primo-infection.

Plasmodium Malariae ne tue pas, mais peut provoquer des rechutes jusqu’à 20 ans après la primo-infection.

L’homme est infecté lors de la piqûre par un anophèle femelle qui injecte le parasite contenu dans ses glandes salivaires. Ce parasite sporozonte migre dans le sang vers le foie. Dans le foie, les sporozontes pénètrent dans la cellule hépatique (cellule du foie) où ils se divisent très activement. En quelques jours, des milliers de parasites mirozontes remplissent la cellule qui éclate et libère ces parasites dans le sang. Là, deux cycles se poursuivent.

Le premier est le cycle asexué. Les parasites pénètrent dans les globules rouges où ils se divisent et après un temps les cellules rouges éclatent en libérant les parasites dans le sang qui envahissent des nouveaux globules rouges. Le deuxième cycle est le cycle sexué. Des cellules sexuées mâles et femelles : gamétocytes, se forment dans le sang de l’homme infecté. Lorsque un autre moustique pique cet individu, il absorbe ces gamétocytes qui se transforment en gamètes. Leur fécondation forme des œufs dans l’estomac du moustique. A partir de cet œuf, se forment de nouveaux sporozontes qui se libèrent dans les glandes salivaires. Un nouveau cycle peut alors commencer.

L’image ci-dessous représente le cycle du Plasmodium.

Sporozoïte dans les glandes salivaires Les œufs sur les parois de l’estomac Gamétocytes males et femelles Phase hépatique Libération des merozoïtes du foie

Image extraite de : « The microscopical Diagnosis of Tropical Diseases » Farbenfabriken Bayer, 1955. Source : www.rph.wa.gov.au/labs/haem/malaria...|

Les espèces Plasmodium Vivax et Plasmodium Ovale donnent parfois des rechutes tardives de 4 à 5 ans après la primo-infection, car ils peuvent vivre sous une forme cachée dans la cellule hépatique. Les rechutes de Plasmodium Malariae résultent à des formes quiescentes dans le réseau lymphatique.

- La manifestation de la maladie

Les attaques simples de la maladie se manifestent par une fièvre et par des douleurs abdominales chez les individus non vaccinés ou par des atteintes périodiques plus typiques, qui se caractérisent par un frisson, fièvre supérieure à 39ºC et sueurs qui peuvent se répéter tous les trois jours. En cas d’absence de traitement, le Plasmodium Falciparum peut infecter plus de 30% de globules rouges et les détruire. C’est un accès grave qui entraîne la mort dans 20 à 30% de cas. Les trois autres types de parasites n’évoluent jamais vers des accès graves de paludisme, car le Plasmodium Falciparum infecte tous les globules tandis que Plasmodium Vivax et Plasmodium Ovale préfèrent des jeunes globules et le Plasmodium Malariae préfère des globules adultes.

- Le diagnostic

Le diagnostic du paludisme est relativement simple et très rapide à faire.

On prélève une goûte de sang au bout du doigt. On effectue un frottis sanguin et avec l’aide d’un colorant, on énonce la présence du parasite dans les globules rouges. Le résultat sera prêt dans environ une heure. Un biologiste peut distinguer les différentes espèces de Plasmodium.

-  Le thérapeutique

Il existe de nombreuses molécules antipaludiques. Les plus efficaces agissent lors de l’infection des globules rouges. Ces molécules sont la chloroquine, la halofantrine, la mefloquine et la quinine. Mais de nombreux clones de Plasmodium Falciparum résistant à la chloroquine, l’halofantrine et la mefloquine sont apparus.

Il y a encore d’autres molécules qui sont rarement utilisées à cause de leur toxicité :

Des molécules qui détruisent le parasite dans le foie pendant le stade hépatique. Parmi ces molécules, il y a la primaquine, qui est très efficace, mais très toxique. Des molécules qui tuent les formes sexuées du parasite. Ils interrompent le cycle des Plasmodium mais sont sans effet pour la maladie car les formes sexuées du Plasmodium ne sont pas dangereuses pour la santé.

La prophylaxie

- L’état de prémunition

L’état de prémunition est l’état de protection de l’organisme contre l’envahissement des globules rouges par le parasite. C’est l’état de protection contre la maladie mais pas contre le parasite. L’état de prémunition apparaît chez les individus qui sont pendant de nombreuses années exposés à des piqûres de moustiques et disparaît après un ou deux ans passés hors de la zone d’endémie. On ne sait pas reproduire cet état car son système est extrêmement complexe.

- La lutte contre les moustiques

Dans les zones tempérées et en zones sub-tropicales, l’assèchement des marécages et l’utilisation intense des insecticides donne de bons résultats dans les projets anti-moustiques. Mais en zone tropicale, les conditions sociales et économiques rendent ces mesures pratiquement impossibles. En plus, les moustiques dévelopent la résistance aux insecticides utilisés. Les chercheurs envisagent de produire des moustiques résistants à l’infection par les Plasmodium, puis les lâcher en grande quantité dans la nature. Ils espèrent ainsi que la compétition entre le moustique naturel et le moustique fait par l’homme sera en faveur du dernier. Aux Etats-Unis, l’insecticide DDT a été utilisé sur les murs intérieurs des maisons pour tuer les moustiques femelles qui s’y reposent après l’alimentation. En 1950, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté un programme de pulvérisation d’intérieur semblable avec le but de supprimer la malaria dans le monde entier dans un délai de huit ans. Cependant, le budget a limité la recherche préliminaire et le programme n’a pas tenu compte des différences complexes dans les modèles de la transmission de malaria dans différentes régions du monde. Ce programme de déracinement était réussi dans quelques pays, en particulier sur les îles telles que Sri Lanka, mais dans d’autres pays, il n’a pas mené à une réduction significative de malaria. En dépit de tous les obstacles, les scientifiques ont développé plusieurs vaccins possibles qui maintenant sont testés sur l’homme.

- La prophylaxie individuelle

Il y a deux types de protections individuelles :

Une protection qui consiste à empêcher les piqûres de moustiques en utilisant des produits anti-moustiques et en s’habillant dans des habits assez épais pour résister aux piqûres de moustiques. Le problème dans cette méthode est que les individus habitants pendant longtemps dans les zones d’endémie ne peuvent pas alors avoir l’état de prémunition.

Pour les voyageurs qui vont en zone d’endémie, on utilise la chimioprophylaxie. Mais il faut toujours savoir qu’aucun médicament ne permet la protection complète car il existe des clones résistant à certains médicaments. La meilleure protection consiste donc dans le choix d’une ou de plusieurs molécules adaptées à la zone du voyage.

Les cartes ci-dessous montre la présence des clones résistant dans différents endroits de la Terre.

Cartes extraites du logiciel Meditravel© 1996-97 ADIMI Marseille _Source : www.chu-rouen.fr/cap/groupalu

- Les voies de recherche de vaccin

On peut agir au parasite sur trois stades :

Sur le stade hépatique, avant l’infection des globules rouges. Il consiste à empêcher au parasite de pénètrer dans la cellule hépatique ou de le détruire dans la cellule.

Au stade érythrocytaire lors de l’infection des globules rouges. Les molécules empêchent la pénétration du parasite dans les globules rouges où permettent la destruction du parasite dans ces globules.

Agir sur les formes sexuées du parasite.

Mais il reste encore deux grands problèmes. Le premier est qu’on n’a pas de modèle animal pour tester le vaccin car les petits rongeurs ne sont pas sensibles aux mêmes souches que l’homme et les singes ne développent pas les mêmes pathologies.

Le deuxième problème est ce que les états touchés par le paludisme sont en majorité pauvres et donc ne peuvent pas se permettre des recherches et des médicaments coûteux.


LA DENGUE

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