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RIA Novosti
De par son caractère et ses traditions historiques et culturelles, la Russie fait partie naturellement de la "famille européenne". Nous ne nous fixons pas pour objectif de nous joindre à l’Union européenne. Mais, songeant aux perspectives lointaines de nos relations, je ne vois pas de domaines fermés au partenariat stratégique fondé sur l’égalité en droits. Un partenariat reposant sur des aspirations et des valeurs communes.
Il est évident qu’en parlant de valeurs communes on ne saurait négliger la diversité historique de la civilisation européenne unique. Il serait absolument erroné et inutile de chercher à imposer ici des solutions moyennes artificielles. Je tiens à le souligner : l’expérience des autres pays n’est pas négligée, l’Etat russe, qui existe depuis plus de mille ans, a beaucoup de choses à partager avec ses partenaires européens. Notamment, son expérience inédite de la coexistence entre les différentes confessions, ethnies et cultures qui s’enrichissent mutuellement.
Depuis ces dernières années l’Union européenne et la Russie sont des partenaires politiques et économiques importants. Nous posons en prémisse le principe que cette coopération ne doit pas être artificiellement opposée aux relations avec les autres pays et régions. Je suis persuadé que cette approche répond aux intérêts de tout le monde, y compris de l’Union européenne.
Nos relations revêtent un caractère réellement développé et structuré. La coopération s’amplifie dans différents secteurs. Le dialogue s’intensifie dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. Les contacts scientifiques, culturels et humanitaires se multiplient. Tous les processus évoluent de façon ordonnée et méthodique dans le cadre de la création des quatre espaces communs : espace économique, espace de liberté, de sécurité et de justice, espace de sécurité extérieure, espace de recherche et d’éducation, les aspects culturels compris.
La Russie suit attentivement l’évolution intérieure de l’Union européenne. C’est parfaitement logique : le rythme de développement et les perspectives de nos relations dépendent à bien des égards de la transformation intérieure de l’UE, de la question de savoir si elle restera une association principalement interétatique ou si elle s’adjugera des fonctions d’association supranationale. Nous avons intérêt à ce que notre plus grand voisin soit stable et prévisible et nous espérons que les transformations et les élargissements n’aboutiront pas à déshomogénéiser son champ juridique. En premier lieu, en matière de garantie de droits égaux pour tous les habitants de l’Union européenne, indépendamment de leur origine, nationalité ou religion.
En édifiant notre coopération avec l’Union européenne, nous pensons à l’avenir, nous ne cherchons pas à vivre "au jour le jour". Je suis persuadé que notre dialogue ne saurait être réduit aux seuls problèmes "sectoriels", très importants mais tout compte fait strictement techniques, tels que les quotas, les tarifs, les mesures antidumping, les normes techniques. Je ne nie pas la nécessité d’en débattre afin de les résoudre ensemble. Mais je crois qu’il nous faut songer en premier lieu à ce que nous devons être les uns pour les autres d’ici plusieurs dizaines d’années et à ce que nous pourrons faire pour nos concitoyens.
Tout prochainement nous devons nous mettre ensemble au travail sur un nouveau document de base appelé à remplacer l’Accord de partenariat et de coopération qui expire bientôt. Nous espérons que le coup d’envoi de ce processus de négociations sera donné au cours du sommet Russie-UE qui se tiendra en novembre. Le dialogue avec nos partenaires européens montre que nos positions sont d’ores et déjà proches sur de nombreuses dispositions du futur accord. Nous l’imaginons compact, politiquement solide, tourné vers l’avenir, déterminant les buts et les mécanismes de la coopération sur un pied d’égalité entre la Russie et l’Union européenne. Ces buts doivent être formulés de la façon la plus claire.
J’espère que le travail sur le nouveau document de base rapprochera et ne désunira pas la Russie et l’UE. Les prochaines négociations ne doivent pas se transformer en un échange de griefs. Et, naturellement, nous ne pourrons pas ouvrir une nouvelle page de notre coopération si nous avons peur de l’interdépendance grandissante. Point n’est besoin, à mon avis, de répéter pour la nième fois que de telles craintes entrent en contradiction avec l’état réel des choses sur le continent européen.
Je suis sûr et certain que le passé ne doit pas nous désunir. Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire. L’objectif d’aujourd’hui est de créer ensemble l’avenir de la Russie et de l’Union européenne partenaires et alliées. La Russie y est disposée. J’espère qu’une approche positive l’emportera en Union européenne également. -
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