Bruxelles - Après 13 ans de cavale, Radovan Karadzic, inculpé de génocide et de crimes de guerre, a été arrêté lundi soir dans un autobus à Belgrade. L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie n’a opposé aucune résistance lors de l’opération des services secrets serbes.
Des responsables serbes ont précisé que l’homme vivait librement sous une fausse identité près de Belgrade, où il exerçait la médecine douce dans une clinique privée pour gagner sa vie. Il portait également des cheveux longs, une longue barbe blanche et des lunettes pour dissimuler son visage.
Radovan Karazic a été emmené vers une destination inconnue après que les policiers lui ont caché le visage à l’aide d’une cagoule. Il a ensuite été entendu par un juge d’instruction. Cet interrogatoire était le premier pas en direction de son extradition vers le Tribunal pénal international (TPI) de la Haye. L’avocat de M. Karadzic a annoncé qu’il déposerait un recours contre la décision du juge d’instruction d’autoriser le transfert de son client au TPI.
L’arrestation de Radovan Karadzic, qui n’avait plus été aperçu officiellement depuis 1996, était réclamée par la justice internationale en particulier pour avoir été, avec Ratko Mladic l’instigateur du génocide de Srebrenica. Près de 8000 hommes musulmans avaient été éliminés en juillet 1995 dans cette localité de l’est de la Bosnie, le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.
Outre le général Mladic, qui est en fuite depuis 1995, le TPI réclame encore l’arrestation de Goran Hadzic, l’ancien leader des Serbes de Croatie.
Suite à l’arrestation de Radovan Karadzic, la Commission européenne a souhaité la mise en œuvre des avantages commerciaux prévus par l’accord de stabilisation et d’association (Asa) signé avec la Serbie.
L’Union européenne a signé un Asa avec la Serbie le 29 avril. Mais en vertu d’un compromis proposé par Bruxelles et La Haye, les Vingt-Sept ont convenu de ne pas le ratifier et de ne verser aucune aide tant que la coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie ne serait pas jugée satisfaisante par tous les Etats membres.
SDA-ATS
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