Polytechnique

publié le samedi 15 septembre 2007

Soudés par l’incorporation. Pas besoin de bizutage dans cette école d’ingénieurs. A l’X, ce sont toujours les militaires qui font courir les nouveaux. Frais débarqué de sa prépa, le jeune X commence par apprendre à marcher au pas sur le campus, avant d’être livré pendant trois semaines aux bons soins des chasseurs alpins. Cours d’instruction militaire et de tir, marches d’orientation, bivouacs : la session est physique. Pour certains, la confrontation avec la rigueur militaire et la vie en communauté est un choc. Mais le rite initiatique n’est pas négociable.

« Do you speak X ? »

Dès sa création par Napoléon en 1804, on a jacté un argot spécifique à l’X. Le premier dictionnaire paraîtra en 1894. Depuis, le parler a évolué : la cantine se dit le « magnan », travailler fort, c’est « pougner », les chambres sont des « caserts » et les collègues de la même promo, des « cocons ». Les « pales » sont les partiels qui ont lieu dans les gymnases... Les élèves étrangers n’ayant pas fait de prépa (voie 2) ont parfois du mal à suivre.

Drapeau, bal et bicorne

Présentation au drapeau (aux nouveaux en octobre), passation du drapeau (en avril par les troisième aux deuxième année), bal de l’X (fin juin, offert par les anciens), défilé sur les Champs pour le 14 Juillet... A l’X, les cérémonies se succèdent. Mais la plus marquante reste la remise des bicornes, en juin, après le retour du service militaire ou civil : elle a lieu à l’ancienne école (rue Descartes), le discours est émouvant, et le bicorne donne le droit de porter enfin le GU (grand uniforme). On remet alors aux élèves le « Code X », guide des valeurs (attachement à l’école, droiture, camaraderie...) datant de 1860.

Platal ville

En 1975, les X quittaient à regret le Quartier latin pour la morne plaine de Palaiseau. Sur cet immense campus, baptisé le « platal », vivent 3 000 personnes : élèves, militaires, chercheurs, employés et administratifs. La vie à Palaiseau est égayée par la proximité d’HEC et de l’Ecole polytechnique féminine, dont les effectifs (féminins !) sont bienvenus dans les « styx » (fêtes étudiantes), au « bobar » (bar étudiant) ou dans les souterrains, ces couloirs techniques du platal, dont seuls quelques joyeux drilles connaissent les accès.

Les « cocons » de la section

La section est le noyau de vie sociale à l’X, d’autant plus solide que ce sous-groupe de 20 élèves est constitué sur une base sportive. Durant les deux premières années, les X n’ont droit qu’à un seul sport, qu’ils pratiquent avec leur section, trois fois par semaine. Les cocons de chaque section dînent le soir dans leur bar et ont cours ensemble dans certaines matières.

La khomiss

Tous les ans, un « géné-K » est élu parmi les deuxième année pour diriger la khomiss, une société secrète. Il choisit ensuite des membres (les « missaires »). Contrairement à la « kès », le bureau des élèves, la khomiss fait fonction de fou du roi. Ses gags servent à protester contre des décisions de la hiérarchie, ou à égayer les cérémonies. Cette année, cinq minutes avant la présentation du drapeau, la khomiss a fait rouler des centaines de petites balles dans la cour d’honneur du platal. Mais, depuis deux ans, il n’y a plus de gags durant le défilé sur les Champs. Les polytechniciens ont ordre de se tenir à carreau pour ne pas perdre leur statut militaire et les confortables soldes (800 euros net par mois en dernière année) qui vont avec, ainsi que l’encadrement privilégié.

-  L’Expansion

.

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Chroniques Armees.Com

Changement dans le dispositif militaire français en Afghanistan

Le format du dispositif militaire français en Afghanistan, 2800 soldats sur le terrain, ne changera pas. Trop petits pour un commandement Notre force représente à peine 6% des effectifs engagés ; trop peu pour revendiquer un commandement significatif. A ce sujet, et à juste titre, les (...)

0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |... Tous